Affichage des articles dont le libellé est vivre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vivre. Afficher tous les articles

mardi 30 juin 2015

Mon choix de vie




Trouver le mot juste, l'adjectif qui serait le plus propice à me qualifier. Dans les yeux des autres, dans leurs cerveaux, dans leurs esprits, je suis une femme, après ils peuvent ajouter leurs choix.

Légère car d'un mois à l'autre, parfois il peut m'arriver de ne pas être accompagner par le même homme, un grand, un blond, un brun, un jeune, un moins jeune, je ne suis pas bloqué par leurs physiques, je recherche autre chose.

Libérée, car je ne cache pas ma gourmandise pour les hommes, pour des soirées ou des journées de pur plaisir, de jouissance. Mais derrière mes blagues, qui me mettent à l'égal des blagues sexistes des cadres avec lesquels je travaille, auteurs de tableaux de chasse et de petits culs, de phrases libidineuses, je suis peut-être une menteuse. Je joue, ils écoutent, ils ne gardent que leurs versions.

Allumeuse, car ma tenue est toujours très féminine, très glamour, sans aucune peur de montrer mon corps. J'y travaille chaque jour, chaque semaine  en faisant du sport, en courant au petit matin pour expulser mes idées noires, pour savourer la douche après. J'aime la mode, je peux sans limites ou presque m'offrir les chaussures ou les robes de mon choix, j'aime les matières légères, les décolettés profonds, les coupes près du corps.

Sensuelle, car j'assume sans le cacher, bien au contraire, que je suis une porteuse de véritables bas nylon. Une couture, une jarretelle, un revers, le hasard s'amuse de la fente sur ma jupe, des longueurs un peu trop courtes de celles-ci. Je ne m'exhibe pas, je ne cache pas mes bas, le vent est un complice des regards avertis.






Froide, quand les mots ne sont pas plus grossiers. Car je ne couche pas ! Ils imaginent, hommes et femmes, ce qu'ils souhaitent, leurs envies, mes soirées, mes week-ends, mes vacances, mes nuits. Mais tout cela n'est rien. Car si je suis ainsi, c'est pour laisser mon corps respirer. Mon adolescence avec des kilos en trop, une famille, la province triste, tout cela est loin. Je vis pleinement mon corps de femme. 

Mais le soir, je profite pour sortir, pour lire, pour voir quelques amis. J'écris simplement.



Nylonement


lundi 29 juin 2015

Danser

Dernière semaine de travail, si toutefois il y avait une fin, juste un détour.

Dernière répétition avant le départ, l'envol vers l'étranger avec notre ballet au complet, notre spectacle, nos pas affûtés. Toute l'énergie est en nous, d'ailleurs tous ensemble nous formons tellement un tout indissociable que nous sommes restés à dormir sur place, à vivre en lieu clos, pour n'être qu'un. Des complicités loin des luttes des premiers jours, maintenant chacune à un rôle précis, des mouvements liés aux autres, et tant d'actes solo. Nous sommes un groupe, dans la chaleur des salles, dans le même épuisement, dans le même sursaut pour réussir, dans le même geste pour nous soutenir. 








Un tout, des pas de danses, les mêmes et pourtant tous différents pour atteindre et rester au niveau de l'exceptionnel, de la perfection au naturel. Ecole de souffrance, de douleurs, de doutes, tant physiques que moraux, je n'ai jamais baissé la tête, j'ai toujours voulu atteindre ce zénith, cette lumière en moi, volant au-dessus du parquet, ne sentant plus mon corps, mes pas, mes chaussons, juste en harmonie incroyable avec la musique, avec les autres. 

Un tourbillon, encore hier soir, encore aujourd'hui, demain devant un public, j'adore cet effort impossible, les limites toujours plus inatteignables, le final, les applaudissements. J'aime danser.



Ce matin, les vitres ouvertes, un peu d'air frais, la semaine sera longue, chaude, épuisante. Terriblement fascinante aussi.


Nylonement

jeudi 25 juin 2015

Pour elle !

Juste lui dire,
rappeler,
susurrer,
crier,
redire,
exprimer simplement,
l'embrasser pour traduire,
répéter,
écrire :


"Je t'aime"





Gentleman W
Nylonement

lundi 22 juin 2015

Famille

Un long week-end commencé dès vendredi matin, pour accompagner le mariage d'une de mes soeurs, nichée dans mon écharpe moelleuse, je ne pense qu'à dormir dans ce train qui remonte vers chez moi. Trois jours intenses, un long voyage dans nos différences, le temps passe vite, trop vite, les mois qui séparaient avec force nos deux classes en primaire et pour le reste de nos études, se sont évaporés, nous voilà trentenaires tout simplement.

Si éloignées.

C'est pourquoi j'avais tant envie de les revoir toutes et tous, la famille en particulier, que je ne vois plus beaucoup, par manque de temps, avec moins d'envie aussi. Une bande de copines, des moments solitaires, c'est dans ma nature. Différente de notre tribu sans être le canard noir, juste un cygne noir  dans un melting-pot bariolé, avec des envies sortant de leurs habitudes, de leurs traditions. Certes la génétique devient relative avec un inné brouillé par la recomposition de notre cellule familiale, d'un côté comme de l'autre. Ainsi après quinze ans avec une seule soeur, ma grande soeur, moi la dernière, je me suis retrouvée au milieu d'un groupe avec deux garçons, les nouveaux amours de mon père.








Puis quelques années plus tard, car ce fût plus dur pour elle, ma mère à rencontrer un homme, plus jeune, sympathique, discret, mais avec lui aussi des enfants. Deux nouvelles soeurs, des routines différentes, des blondes, des bruns, des rousses, des grandes et des petites, des morphologies variées, des histoires et des éducations, surtout des week-ends à géométrie variable. La table était toujours grande, le contact en tête à tête difficile avec les parents, surtout dans une fin d'adolescence, face à des choix de vie, d'études, des doutes de futurs jeunes adultes, j'ai pris du recul, je suis devenu indépendante. Le temps a avancé, naturellement jour après jour, mois après mois, en dévorant le calendrier, nos relations se sont plus ou moins nouées. Avec certains j'ai eu le plaisir de partager des concerts, des soirées, des moments complices ponctuels et des souvenirs, avec d'autres j'ai râlé sans retrouver certaines de mes chaussures, la mode semblait être notre lien implicite, mais ses jeunes soeurs ne savaient pas vraiment demander avant d'emprunter dans mon ancienne chambre. 

Moins de souvenirs avec elles, on ne se croisait pas assez, je n'avais pas tissé cette fibre dépassant le niveau de simple relation, elles m'étaient étrangères. Mes parents étaient heureux, je menais au mieux mon futur parcours professionnel, mon premier studio. 

Alors le temps a marqué cette distance entre eux et moi, mes déplacements à l'étranger, un boulot prenant, une fatigue réelle mais assumée, et les fêtes de famille décalées chez les uns et les autres, aux quatre coins de la France, je me faufilais entre les dates, les lieux. Sans envie. Les premiers amours et les premiers mariages, là c'était ma soeur de sang, mon aînée. 

Finalement j'ai été pour la première fois avec eux tous, leurs gamins, leurs bébés, leurs femmes et leurs petits copains, leurs maris. Une troupe de gens, d'amis de ma soeur et de son nouveau mari, des discussions sur l'amour, sur la météo, sur le boulot, sur tout ce qui forge un rien dans une discussion avec des quasi inconnus. Etrangement je me sentais aussi proche d'eux que de certains amis, sans lien familial. Sur la photo des frères et soeurs des mariées, j'ai regardé les personnes, ne sachant plus vraiment qui était de notre côté, trop de facettes.  





Et puis les différences, ma robe robe, cette couleur qui est ma touche de feu, tous les jours avec moi, ma signature dans ma vie courante, je l'ai porté fièrement au milieu des couleurs fades, des tenues génériques. Rouge en version robe longue, en version courte quand le soleil est revenue, en trench ou en robe moulante, j'ai abusé de la couleur écarlate, même aujourd'hui dans le train, avec mon jean, des ballerines rouges et vernies.

Le plus marquant aura été ce vide laissé par ma venue seule à ce mariage. Tous étaient en couple, plus ou moins officiel, durable et parfois avec les gamins associés. Une fierté exposée comme une validation de statut social, une normalité que je ne trouve pas indispensable. Je vis sans personne. Indépendante mais surtout solitaire, heureuse et sereine ainsi, jamais je n'avais dû le justifier avec mes collègues et amis, mais durant tout ce week-end, je me suis répété sur cet oubli d'abord en rigolant, sur ce vide ensuite, sur mon avenir sans enfants de plus, sur une possible nouvelle sexualité aussi, sur cette liberté enfin.

Je tombe de fatigue, mais ce fût épuisant de danser, de discuter, de me sentir si différente, j'attends de rentrer dans mon cocon, celui de ma vie, de mes mille occupations, de mon travail, seule et infiniment heureuse.



Mots et Emotions
Nylonement




vendredi 19 juin 2015

Juste écrire

Allumer le portable, taper le mot de passe, attendre quelques secondes, accéder à son blog, lire au passage quelques commentaires, quelques messages d'amis, écrire.





Un lien avec des mots, un instant différent, un contact difficile au début, quand encore le papier était une source de bonheur, que l'encre glissait sous la plume et donnait le miracle de textes, réussis ou non, associé à un accouchement d'émotions.

Un acte accompli quand il est fini, un acte brouillon quand il démarre, avec des rituels, j'écris avec un thé chaud, tiède puis froid, renouvelé plusieurs fois dès le matin, en journée, durant la nuit. Ecrire est une route inconnue, mais avec pour seul véhicule, dans mon cas, un simple vélo, non pour l'effort, mais pour la routine du pédalage, la lenteur contemplative des extérieurs. Mon voyage est lui intérieur, les mots en découlent, sobrement, simplement, toujours présents.













Tapoter, taper, s'envoler avec les touches du clavier, suivre le chemin des voyelles et des consonnes, ne plus savoir pourquoi, mais comment aller au bout d'une idée, d'un mot, d'une phrase. Avec un point juste derrière. Inégales montées ou descentes, je suis les dénivelés, fuyant les mots complexes, les conjugaisons laborieuses, les arrêts silencieux, le temps d'un pause. Une tasse de thé, un regard dehors ou sur une image, je reprends mon idée, je me débats dans ce maelström difficile, dans ce tourbillon d'une fin possible, d'un texte court ou d'une nouvelle plus longue, avec un sujet qui parfois tombe dans le fossé. Heureusement je rebondis, je repars, je suis le fil du clavier, j'aiguise mon instrument avec les sentiments, avec ma force intérieure pour écrire encore. Pour moi, pour vous, pour elle, pour tous, juste pour moi, j'écris tant ... que je ne sais plus ce que j'ai écrit. Ici et là, à découvert ou sous couvert d'un pseudonyme, je m'enfuis avec les mots, je roule encore sur des chemins, loin des routes habituelles, ne comptant plus les kilo-mots, les tonnes de virgules et de points. Libre et esclave de mes mots, je ne peux quitter ce voyage quotidien, à tout heure, simplement.

Simplement indispensable.
Simplement anodin.
Simplement viscéral.
Simplement en moi.



Nylonement


lundi 8 juin 2015

Pivoines


"Je n'ai pas d'imagination, 
juste des bons souvenirs que je ne cesse de créer."




Ouvrir la porte-fenêtre, regarder dehors, la verdure, le jardin, entendre le bruit des chants d'oiseaux, apercevoir mon ami l'écureuil ponctuel, chaque jour présent à la même heure. Marcher librement, après une nuit compliquée, un sommeil fracassé par les angoisses, un début de semaine sans trop d'espoir, un ordinateur ouvert, un téléphone allumé, un silence de messages en attendant un nouveau travail.


Heureusement le soleil chauffe ma peau, le parfum des pivoines s'envolent, m'enveloppe dans un tourbillon succulent de légèreté, de douceurs olfactives, de bonheurs évaporés. J'aime plus que tout, ce moment de l'année, cette force du souvenir, de mon adolescence, de mes doutes déjà forts, de mon pouvoir personnel, celui d'une jeunesse en ébullition, des questions souvent sans réponses face au monde des adultes, une conversation à sens unique. Déjà je voyais, je ressentais avec force certaines évidences, certains détours du bon sens, certaines impossibilités face à mon regard, face à leur façon définitive de me l'expliquer. Un décalage, peut-être, un moment de recueillement, un banc, de l'attente, un train dans une gare, plutôt une station vide, une ligne quasi déserte, et déjà ce soleil de printemps. Les parfums, des fleurs, une allée de pivoines d'un ex-chef de gare parti depuis que les volets étaient restés clos définitivement. Elles embaumaient ce lieu triste, du macadam usé, du béton fissuré, des abords sales et gris, rien, sauf ces rayons chauds, ce vent léger, les rails et les parfums autour de moi. Je me gonflais de ce tout, de ce vide, de mon attente, de ce train en retard, pour aller au lycée, pour voir les copains, une copine, les profs. Juin, ce début de mois où l'on attend justement plus rien, les jeux étant faits, les choix aussi, l'année prochaine, les vacances, le silence et ce paradoxe. Elle, lui dire que je l'aime avant qu'elle ne parte sur les plages, je ne sais où, mais aussi ne rien lui dire, rester là sous le soleil, dans mes rêves, avec mes mots. Répétés, inutiles, peu convaincants, et pourtant mon coeur battait à chaque fois plus fort, en la voyant, elle et ses baskets, sa jupe courte, ses cuisses, son pull d'été avec un col en V, ses cheveux légers, sa main d'un geste souple pour les pousser vers l'arrière, régulièrement comme un combat perdu, comme un signe d'élégance féminine, un détail si séducteur. 





Pourquoi je pense à elle ce matin, sur cette terrasse, ma vie a tant avancé depuis, des souvenirs, un vide, le même parfum, pas le sien, mais celui de ce lieu triste, où seul je pouvais refaire le monde, l'aimer, rougir de mes fantasmes, de mes lèvres innocentes et timides bredouiller encore une déclaration que je n'ai jamais osé faire. Je ferme les yeux, que le monde me semblait empli de doutes alors, aujourd'hui encore. D'autres raisons, d'autres douleurs, ce parfum sublime, entêtant.

Il ne manque qu'un banc.


Mots & Emotions

mardi 26 mai 2015

Verdure

Curieux je suis, non pas de le sens de la définition malsaine que l'on donne trop souvent à ce mot. Dans la version insatiable de savoir, de connaître et surtout de comprendre mais plus encore de m'évader. Alors mon regard est différent peut-être un peu du vôtre, car si je suis parfois contemplatif, dans la durée d'un mouvement de travelling lent autour de moi, en regardant courir les affolés de la vie, mais finalement dans un ralenti intérieur. Je note, je décortique, je vois des détails qui vous échappent, je ferme les yeux et la suite défile.


Curieux ou chanceux, car quand vos yeux sont encore collés à votre téléphone mobile, à vos chaussures et suivent le vide de l'existence, à moins qu'ils ne décollent pas de vos jeunes enfants, par sécurité; Ainsi je vois des situations, des instants, des personnes au milieu des autres, je les ressens différemment, je les extrais de la foule, les exfiltre pour ne voir qu'eux, dans un décor absent.

Hier, assis sur un banc, évitant les crottes de pigeons, oubliant les cris des enfants, tournant le dos à la fumée des différentes cigarettes ou autres fumettes locales, je regardais la pelouse. Cette jeune femme, habillée d'un pull d'été gris, de belles lunettes, des cheveux tirés, une jupe courte, des escarpins noirs pleins de poussière blanche du chemin. Elle marchait, son sac, ses pensées ailleurs, un coup d'oeil vers le ciel. 




La pelouse, les oiseaux, le ciel bleu, quelques nuages, elle semblait s'échapper de son bureau. Son mobile, sa tablette, elle les a fourrés dans le fond de son bazar. Et dans un mouvement tout aussi décidé, elle a eu besoin de relâcher ses cheveux. Libres, dans le vent, ils volaient, se mélangeaient, lui chatouillaient le nez, fêtent leur liberté. Elle en a ri en s'asseyant là, dans l'herbe, seule, mais soudainement heureuse. Une étincelle de joie, toute personnelle, un lâcher-prise.

Était-ce le lieu ? le soleil ? une décision ? un dernier sms avant de couper ? le printemps ? cette journée presque en bonus ? Je ne sais pas, mais elle rayonnait, elle libérait ses pieds, nues ses jambes prenaient le soleil,  avides d'une teinte caramel en devenir, assise délicatement. Jupe grise, coupe originale, elle savourait cette nature.

Simplement



Mots & Emotions


lundi 25 mai 2015

Aider, Aimer, Vivre

J'ai utilisé ce slogan durant les dernières années pour défendre un processus de vie et d'amour, celui de chacune et chacun. Celui aussi de la prévention face au sida, une maladie sournoise comme les autres, profitant des instants de relâchement, des sentiments, des envies charnelles encore plus fortes.


Une maladie d'amour !


Donc il faut continuer à l'enrayer, à se protéger, à s'aider, à s'aimer aussi, avec toutes les folies que nos corps peuvent souhaiter, partager, assouvir dans un duo de plaisirs. Il faut vivre.






Parfois s'ajoute d'autres soucis, pas une maladie, pas un simple souvenir trouble, pas une angoisse envolée après quelques minutes, mais un acte, consenti ou non, et une fatalité. Une grossesse, un début de grossesse non souhaitée pour être précis. Personne ne joue avec son corps, personne ne veut jouer avec une conception, personne ne veut cela. Ni les douleurs psychologiques d'être trop jeune pour une erreur de protection, d'être trop soi-même pour ajouter un membre dans la famille, d'être la victime sans comprendre le script de cette mauvaise histoire, ni aucune souffrance pour les premiers jours, les premières semaines qui défilent trop vite face à l'immobilisme de notre société.  


Oui, Mme VEIL a un jour ouvert la porte sur la honte, sur des étapes malheureuses et volontairement cachées de certaines vies, sur les morts dans des souffrances atroces, juste pour ne pas être mère au bon moment. Car celles qui ont un jour choisi l'avortement, elle voulaient simplement décider, non par fantaisie, ni même par liberté évidente de leur sexualité, mais bien dans un projet de vie, de famille. Car le foetus peut devenir un bébé, un enfant, une vie, une éducation, un parcours de vie, et tout cela doit pouvoir être assumer, souhaiter. Or parfois le début de l'histoire est bien différent. Le choix est cruel, mais la décision doit être aidée par notre société moderne. Je vous ferai grâce des motivations, surtout religieuses, non pas culturelles, des uns et des autres. Je laisse la honte se propager sur ceux qui ont décidés, qui ont forcés, qui ont bannis cette idée tout en bannissant celles qui gardaient ces enfants non souhaités. Troublant paradoxe des "bien-pensants", ne souhaitant pas assumé le projet de vie qu'ils imposaient, faisant suite à la décision qu'ils imposaient aussi.




Oui, l'avortement est un droit, légal en France depuis des décennies, pour ne pas jouer, j'insiste, avec son corps, la contraception existe aussi, mais pour se libérer d'une vie non souhaitée. Mais surtout pour le faire de façon médicalement assistée. Car les faiseuses d'anges, souvent décriées, furent sources de complications, mais aussi de vies réellement libérés d'un poids impossible à porter. Mais nous sommes en 2015, la société nous emporte dans des chemins de modernité, avec du progrès chaque jour, bon ou moins bon, profitable souvent ;-). L'humain doit pouvoir profiter des avancées de ce système, librement. Car parler autour de vous, vous serez surprises, du silence, de certains secrets tardifs, sur ce sujet. Hommes responsables de maternité non souhaitée, pris dans le piège de devenir père malgré eux, lâches professionnels aussi. Femmes enceintes malgré elles, coincées dans l'étau de leurs contraintes de vie, famille, boulot, réalité.

Aujourd'hui, il faut donner librement accès au soutien psychologique, aux moyens légaux de fin de grossesse. C'est une liberté, pas une fantaisie, un  véritable droit.

Il y aura toujours autant de sourires après, de beaux bébés souhaités, de vies sereines. Et ce, malgré le choix douloureux pour ceux et celles qui ont un jour eu recours à l'avortement. Ce n'est une décision prise à la légère. Aidons, aimons, vivons !





PS : une association WOMEN on WAVES dirigée par la Docteur Rebecca GOMPERTS utilise le net pour défendre ce droit, pour fournir des solutions à celles qui sont derrière les barreaux d'une religion, d'une idéologie culturelle ou politique les empêchant d'avoir ce libre-choix.


Mots & Emotions

mardi 19 mai 2015

Soleil d'amour

Soleil sur le lycée, envie de penser à tous les week-ends de l'année, à toutes les sorties, à toutes les fêtes et surtout à ce bonheur avec mon amoureux. Un hasard, une soirée prévue pour être pourrie, pour accompagner une copine, de la musique trop forte, j'aime pas çà. 

Et puis là dehors, sur le perron, malgré le froid, un groupe de fumeurs, et lui perdu dans son téléphone, pas pour jouer mais pour occuper son temps. Deux mots, en même temps, le côté instable à 360°, deux timides ou du moins deux êtres inconnus l'un pour l'autre cherchant le premier mot juste. La soirée a filé ensuite trop courte, le bonheur de parler avec lui. Et pourtant son look, le mien, le lieu, les copains, rien n'était parfait.

Six mois de sentiments, je ne dirai pas d'amour, je prends encore ce recul. Des longues discussions, des changements de tenue, je suis passé de jean collé à ma peau, à des jupes, des tops, des tee-shirts plus féminins, lui a redressé sa coiffure improbable. Un baiser en partant d'une soirée, la main dans la main parfois en se retrouvant au café, et puis les casse-pieds, les jalouses, les cons, les beaufs, le monde normal m'a dit ma mère.







Nous avons fait une sortie de quatre jours, nos classes ensemble, deux jours de rêve de bisous, de balades, de discrétion vis-à-vis des profs, d'envie de plus. Oui j'ai compris ce que mon corps, ce que mon coeur, ce que mes parents m'avaient expliqué il y a si longtemps. Faire l'amour. Juste des pensées, mais une profonde envie. Juste traduite par une paire d'escarpins achetée en cachette, une jupe plus courte, un ensemble si féminin pour la soirée de gala de ce voyage. 

Il a aimé, on ne s'est plus lâché depuis.

Je l'aime, il m'aime. Mes parents l'ont vu passé un soir, mes frères et soeurs ont jasé, bref le bonheur de la famille. Les commentaires, les rires et autres sourires. Finalement des conseils et puis un recul assez étrange, comme si tout cela était normal. Moi la grande, l'ainée, je testais la vie, l'amour, la rencontre de l'autre. 





Là, j'hésite, des soldes, une robe rouge, elle me va si bien, mais cela fait too much quand même me dit ma meilleure amie. Je vais attendre, mais je redoute l'été, les vacances, les distances, l'oubli. Je vais vivre l'instant présent mais il va bientôt se finir, mi-juin ce sera vacances.


Mots & Emotions