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mardi 16 juin 2015

C'est l'été

Un coup de soleil, des rayons cosmiques qui inondent notre planète bleue, un peu grise aussi, il pleut de la lumière.

Lasse de cette soudaine chaleur, programmée sur le calendrier, à date fixe, je me suis assise sur un banc, dans ce square, au coeur de la ville, entre nature et bruits urbains. Des bancs et autant de scènes de vie, ce mélange qui fait notre diversité, notre société, notre vie en général. Peut-être là mon prince charmant, car mon célibat me pèse deux fois par an, comme des hormones calendaires. A l'automne où quand le soir devient un ami de chaque sortie de bureau, le sombre, le vent, le froid et le vide à la maison, il n'est pas là. Certes le dernier, je lui ai recommandé de partir, je l'ai même foutu dehors après une semaine de prise de tête, on avait plus rien à vivre ensemble, après seulement une petite année en duo. Donc célibataire, triste aussi à l'été venu, car l'inutilité des petites tenues, des petites robes sans compliments, des instants câlins sur le canapé, cette envie commune de faire l'amour avec la chaleur à tous instants, tout cela a disparu. Enfin pas complètement, une partie. Oui j'ai envie, mon corps pétille et je ne vous ferai pas de dessins. J'ai un manque réel.




Alors optimiste, pas encore non plus sur l'option rouge "je suis en rut", je regarde les mâles en présence, dans ce square, pour ce début d'été. Je ne chasse pas (terme si joli utilisé par ces même mâles quand ils observent , en bavant nos morphologies, bref nos corps de femelles). Là, un nouveau père, il donne à manger à un bébé, deux même, des jumeaux, un sac, des cuillères, des bouches avides de ce repas en boîte plastique. A côté deux grands-mères attendries, cherchant de quoi les occuper, c'est long la retraite quand leurs hommes sont définitivement froids. Elles papotent. Là-bas dans l'allée vers les jeux d'enfants, un geek branché sur sa tablette, captant même pas l'air du temps, juste le wifi pour commander un repas bio dans le restaurant d'en face. Un hipster total avec la barbe impeccable mais longue comme jamais. Peut-être sera-t-il un jour Père Noël car franchement les poils s'est dépassé, sectaire et moche surtout. Et puis çà gratte, oui là, enfin !

Plus loin, deux types, douze bières plus ou moins vides, des clodos, des heureux pensionnaires à temps complet du lieu, ils hèlent les mamans avec poussettes, entre galanteries de comptoir et grossièretés bien grasses. Qui étaient-ils avant d'arriver là ? Plus loin, deux cadres, costards, téléphone à la main, toujours connectés à un  travail ou des messages urgents, ils dévorent deux sandwichs carton et sans goût du magasin bio, je sais j'ai goûté à cette saine saveur sans aucun goût. Même le papier qui enveloppait le tout semblait plus savoureux. Et ces deux-là, aussi fades. Ils doivent parler de conseils, de stratégies, d'investissements financiers, de bourse et de tristesse. Pas vraiment de femmes, car celles-ci ne sont que des excuses dans leur cv. Un complément de déco et de mode pour les accompagner dans leurs belles voitures, dans les soirées, et optionnellement pour faire des enfants, pardon, pour prolonger la dynastie du nom de famille. Romance du missionnaire, chaque jeudi soir. Je suis exigeante, peut-être !

Personne et pourtant je devrais attirer les regards, avec cette petite robe patineuse, achetée fort chère avant les soldes, pour ne pas passer l'été seule. Tout est là, vernis, jambes nues et impeccables, pré-bronzées, robe courte, talons hauts, les lunettes et mon sourire. Ok ce lieu n'est pas St Tropez, mais rien, aucune touche, aucun regard, rien. Et pas de prince charmeur.

L'été va être long, chaud, très chaud.




Nylonement
Mots & Emotions



dimanche 14 juin 2015

Bas nylon & marketing



Voyage dominical dans l'univers des bas nylon, avec une paire vintage aujourd'hui. Comme de nombreuses consœurs, ces pochettes recèlent des perles de publicités de leurs époques, les années 50, début de la réclame, des années 60 avec encore plus de couleurs et de graphismes, mais aussi des conseils d'utilisation savoureux ou des anecdotes, doux rappels nostalgiques des années d'or du bas nylon.

Les bas nylon à couture, gris foncé ici, sont de fabrication française, dans le Nord, avec ses filatures et ses bonnetiers (fabricants de lingerie et spécialistes des soutien-gorges). La marque GRILLE vante un "Bas qui résiste à tout", car au-delà du voile extérieur, il y a un tricotage des mailles, une grille résistante à toutes les agressions d'un usage au quotidien. Et pourtant la marque complète son offre avec un troisième bas nylon, dans chaque pochette. Paradoxe d'un message !

Une bonne initiative commerciale (plusieurs marques l'on fait). Réalisme d'utilisatrice. Ainsi comme pour tous les bas, en ayant deux paires de coloris similaires vous aurez toujours plusieurs paires combinables si l'un de vos bas file. Un avantage devenant ici un argument de marketing. La patte et les griffes du chat ne seront plus une source de souci. Une pochette originale de la fin des années 50, un papier délicatement cartonné et plié, une bonheur vintage. 





 Et les bas me direz-vous, ils sont doux, très fins, maximum du quinze deniers, un gris très foncé mais pas noirs, avec une couture élégante, un trou de serrure de taille moyenne.

Lors de vos balades du dimanche, prenez le temps de trouver des bas nylon vintage, mais attention, si le collectionneur apprécie les détails, la passionnée préférera les porter. Donc attention aux paires filés remises dans des pochettes, aux tailles fantaisistes (ou du moins très variable d'une marque et d'un pays de production à l'autre), et surtout aux bas mousse (avec les premiers fils souples et flexibles, pas vraiment du lycra actuel) de la fin des années 60, moins attractifs. D'ailleurs pour avoir un beau produit, visez uniquement des bas avec couture, si la pochette semble vierge de toute ouverture, et si au contraire la pochette semble avoir été ouverte, sortez la paire pour estimer la qualité des bas.






Nylonement



lundi 8 juin 2015

Pivoines


"Je n'ai pas d'imagination, 
juste des bons souvenirs que je ne cesse de créer."




Ouvrir la porte-fenêtre, regarder dehors, la verdure, le jardin, entendre le bruit des chants d'oiseaux, apercevoir mon ami l'écureuil ponctuel, chaque jour présent à la même heure. Marcher librement, après une nuit compliquée, un sommeil fracassé par les angoisses, un début de semaine sans trop d'espoir, un ordinateur ouvert, un téléphone allumé, un silence de messages en attendant un nouveau travail.


Heureusement le soleil chauffe ma peau, le parfum des pivoines s'envolent, m'enveloppe dans un tourbillon succulent de légèreté, de douceurs olfactives, de bonheurs évaporés. J'aime plus que tout, ce moment de l'année, cette force du souvenir, de mon adolescence, de mes doutes déjà forts, de mon pouvoir personnel, celui d'une jeunesse en ébullition, des questions souvent sans réponses face au monde des adultes, une conversation à sens unique. Déjà je voyais, je ressentais avec force certaines évidences, certains détours du bon sens, certaines impossibilités face à mon regard, face à leur façon définitive de me l'expliquer. Un décalage, peut-être, un moment de recueillement, un banc, de l'attente, un train dans une gare, plutôt une station vide, une ligne quasi déserte, et déjà ce soleil de printemps. Les parfums, des fleurs, une allée de pivoines d'un ex-chef de gare parti depuis que les volets étaient restés clos définitivement. Elles embaumaient ce lieu triste, du macadam usé, du béton fissuré, des abords sales et gris, rien, sauf ces rayons chauds, ce vent léger, les rails et les parfums autour de moi. Je me gonflais de ce tout, de ce vide, de mon attente, de ce train en retard, pour aller au lycée, pour voir les copains, une copine, les profs. Juin, ce début de mois où l'on attend justement plus rien, les jeux étant faits, les choix aussi, l'année prochaine, les vacances, le silence et ce paradoxe. Elle, lui dire que je l'aime avant qu'elle ne parte sur les plages, je ne sais où, mais aussi ne rien lui dire, rester là sous le soleil, dans mes rêves, avec mes mots. Répétés, inutiles, peu convaincants, et pourtant mon coeur battait à chaque fois plus fort, en la voyant, elle et ses baskets, sa jupe courte, ses cuisses, son pull d'été avec un col en V, ses cheveux légers, sa main d'un geste souple pour les pousser vers l'arrière, régulièrement comme un combat perdu, comme un signe d'élégance féminine, un détail si séducteur. 





Pourquoi je pense à elle ce matin, sur cette terrasse, ma vie a tant avancé depuis, des souvenirs, un vide, le même parfum, pas le sien, mais celui de ce lieu triste, où seul je pouvais refaire le monde, l'aimer, rougir de mes fantasmes, de mes lèvres innocentes et timides bredouiller encore une déclaration que je n'ai jamais osé faire. Je ferme les yeux, que le monde me semblait empli de doutes alors, aujourd'hui encore. D'autres raisons, d'autres douleurs, ce parfum sublime, entêtant.

Il ne manque qu'un banc.


Mots & Emotions

samedi 6 juin 2015

Glamour toujours plus

Bien plus qu'une simple définition, le Glamour, est un art de vivre, une attitude et un bonheur quotidien. D'ailleurs le travail, tous les jours, ne permet parfois pas d'exprimer par la mode, la partie la plus visible, cet éclat brillant de la féminité soyeuse. Même si dans un hypermarché proche de ma maison, le nombre de caissières étant conséquent pour parfois remplir plus de quarante caisses en même temps, avec un échantillon de personnes venant de toutes les origines, de tous les âges et plutôt (probablement) avec un faible pouvoir d'achat, il existe là aussi des étincelles d'élégance.





Parler de beauté serait restrictif, je tomberai dans les schémas habituels, avec le premier carcan de la jeunesse... éternelle, mais aussi des morphologies stéréotypées souvent blonde à forte poitrine et cheveux dans le vent, enfin surtout coiffés avec tous les cosmétiques habituels de nos publicités, et plus encore dans le carcan des formes.

Parler d'élégance permet alors de voyager sur les chemins croisés de l'art, de la séduction, du bien-être personnel de chaque femme, sur son image réelle et son image ressentie, sur sa volonté de briller ou simplement d'être elle-même, mais totalement femme. Avec une référence souvent rattachée aux années 50-60, ivresse d'une époque de forte évolution économique, de révolutions plus ou moins marquées dans la liberté des femmes, dans la créativité d'un nouveau monde, dans le changement intellectuel et physique lié à une société de consommation nouvelle, la femme exprimait alors la pratique pour la vie courante, la mode pour les belles occasions en plus. Les années ont passé, les modes aussi, les détails parfois ont traversé le temps, les étincelles de cette allure si personnelle ont trouvé leurs codes. Et vous avez aujourd'hui le choix de picorer, d'en jouer au ré de vos envies, de vos moyens, de vos facettes de féminité.








Maquillage, eye-liner, rouge à lèvres, bijoux, foulards, sacs à main, escarpins ou ballerines, bottes ou bottines, bas nylon ou collants graphiques, mode longue ou courte, robe ou jupe, lingerie pour vous ou lingerie pour vous et lui, pour vous et elle, La mode et ses accessoires sont infinis, vous pouvez choisir de les assembler à votre aise, selon vos désirs, pour jouer de sobriété avec quelques détails, pour abuser de folies qui brillent tout autant. La petite robe noire n'est qu'une base, déjà multiples dans ses coupes proposées. A vous de la compléter de votre présence, de vos formes, de votre démarche, de votre journée, entre travail et sortie, vous serez toujours femme, parfois une femme glamour.

Alors pour apprécier simplement, pour comprendre les codes, pour rêver, pour succomber dans une pulsion intense d'un désir non contenu, je vous propose aujourd'hui l'accessoire glamour, même glamourissime : les gants. Mais dans une version définitivement glamour, dépassant la main, s'allongeant sans fin sur le poignet, l'avant-bras et même parfois le coude. Une paire que l'on porte pour être vu, pour le confort d'un cuir fin ou d'une dentelle, un accessoire sublime pour être femme.











Bon samedi


Et pour ce modèle, n'opposez aucune résistance, ce serait un effort vain ;-)




Nylonement

vendredi 5 juin 2015

Jarretelles & Gainettes

Pourquoi ne pas varier dans les dessous chics qui accompagnent certaines femmes, les élégantes avec des bas nylon ?

J'avais envie de partager quelques découvertes pour sortir des sentiers habituels, entre les porte-jarretelles  des marques reconnues de lingerie, qui chaque année proposent sur des affiches des ensembles si féminins. Mais aussi des serre-tailles des marques plus spécialisées, de type néo-rétro qui posent sur les hanches, vos hanches des séries de six, huit ou dix jarretelles.


Aujourd'hui un peu détour sur le net, dans une boutique ebay, avec quelques bonheurs colorés ou à l'inverse des serre-tailles en totale transparence, j'aime ces douceurs. Elles resteront invisibles pour le autres, mais vous et votre amoureux ou votre amoureuse pourrez déguster des yeux leurs coupes et leurs imprimés.

 
           





        



        


        

Une petite gainette délicieuse pour mouler vos hanches et votre taille, avec ici six jarretelles !

Ou ce modèle encore plus fun :

        



        



Des matières, des motifs, des originalités, histoire de changer ...

Mais aussi, pour agrémenter vos culottes, vos bodys (revenus à la mode depuis trois ans en lingerie) et quelques bustiers ou guêpières dont les jarretelles ne semblent pas assez nombreuses, voire assez fiables pour porter aisément des véritables bas nylon pour une soirée ou dans votre quotidien, voici une solution intermédiaire :


    





La jarretelle universelle BERDITA  s'accroche sur toute lingerie en haut, sur le revers en bas. Elle existe en coloris blanc ou noir, et en deux longueurs, pour porter les bas soit très haut sur la cuisse, soit plus classiquement.

Indispensable ;-) !

Et l'idée vous venait de me traiter de vil tentateur ..... oui, c'est vrai ! mais je partage mes bonnes affaires avec vous, tout simplement.




 Nylonement

mercredi 3 juin 2015

Vieillir avec toi


Les voir avec leurs portables, leurs extensions artificielles de leurs corps, noyés dans des informations probablement utiles, entre deux applications inutiles, je me demande si c'est l'âge ou juste une déconnexion volontaire de mon humanité naturelle qui refuse cette futilité moderne.


Pourtant je ne suis pas non plus une militante bio habillée avec des sandales cousues main, une robe en laine bio, prônant le monde meilleur en revenant dans la passé illusoire, ni envisageant même le retour à l'époque pré-historique, entre graines et viandes rares. Je ne suis pas passéiste, juste une jeune femme actuelle mais refusant la modernité pour son manque de transparence, pour couper volontairement ce fil à la patte, pour vivre sans applications, et savoir encore parler et même écrire sur du papier avec de vrais humains en contact avec moi. Je téléphone mais je ne fais pas de selfie, pure invention inutile de la flatterie auto-proclamée, partage encombrant de la vie personnelle, de l'intimité et de nourritures diverses. Peut-être un complot ;-) discret des chefs du monde entier sur notre art de vivre, sur notre besoin de montrer ce qui nous nourrit.


Certes je profites de la fonction sms à volonté, je partage  des milliers de bisous virtuels avec lui, pour rester en contact, pour le savoir avec un sourire, pour lui dire encore et toujours que je l'aime. J'en reçois aussi, des petites phrases, quelques belles déclarations, des invitations et puis aussi des surprises, sa fantaisie à lui.

Depuis des années, nous vivons ensemble, sans jamais nous lasser, toujours fusionnels, toujours passionnés, bloqués sur le mode séduction. Oui, j'ai envie de vieillir avec lui, simplement, naturellement, sans artifices, bien dans notre époque.

Dans ses bras !



MOTS & EMOTIONS

vendredi 29 mai 2015

Douceur & Brillance



"Chéri, ce soir, c'est latex !" c'est avec un simple sms que je lui ai tout annoncé.

Dubitatif, il a dû rester devant ces mots, captés entre deux phrases d'une réunion, ou en tapant un rapport sur la croissance économique, bref en plein boulot. Une subite envie de préservatifs, des champignons suspects ou une quelconque démangeaison gracieuse qui fait que l'on porte sa main sans pouvoir se retenir entre ses jambes, non rien de tout cela.

Mais ce soir, j'ai envie de latex, cette matière si tendance que les podiums exhibent sous toutes les formes, en robe, en jupe, en body, en trench déstructuré, en lingerie même. Une curiosité dans un monde où tout évolue si vite, où l'on peut avoir peur de rater la dernière variante, la dernière innovation, le bonheur absolu mais très bref qui nous fera briller dans des discussions elles aussi très brèves. Je veux être in, devancer même la tendance car si les sites classiques de vêtements ou de lingerie, ne proposent pas de réelles déclinaison, j'ai trouvé en quelques clics mon bonheur.

Une version moderne des dessous chics !









Folie me direz-vous au-delà de la curiosité ? Peut-être mais est-il raisonnable de porter des chaussettes dans des escarpins ? d'oser des mi-bas pour valider la couleur trendy d'une jupe coupée de travers ? d'avoir porter des uggs moutonnés et chaudes , et surtout moches ? d'oser les spartiates alors qu'aucun mannequin de magazines n'a encore réussi à les chausser avec élégance et splendeur ?

J'ai envie.

D'ailleurs si l'aspect sulfureux de la matière souvent inconnue de beaucoup de gens, il est souvent lié à des préjugés sans aucun avis réel et direct, des rumeurs ou des lectures avec des stéréotypes tout faits. Certes auriez-vous été tendance en lisant les romans mum-porns, ou totalement perverse si vous l'aviez fait avant le grand coup marketing en trois tomes ? Comment juger sans savoir !

Alors j'hésite, j'essaye, j'écoute les conseils de la vendeuse, certes habillée en robe latex, tatouée, piercée, maquillée un brin gothique, mais avec une voix sublime et des propos justes en réponse à mes interrogations. La matière ? les tailles ? quel modèle pour débuter ? soutien-gorge et culotte ? string ? bas ? comment les enfiler ? les entretenir ? les stocker ?

Je suis étonnée de la variété des collections, encore plus par la douceur extrême de cette matière sous les doigts. Plus encore sur ma peau, c'est enveloppant, autant seconde peau d'une paire de bas nylon, soyeux, gommant les rondeurs, affirmant mes formes, marquant mes atouts voluptueux. Je suis conquise, sauf par le prix, mais une folie moderne n'a pas de prix, et puis c'est quand même plus sensuel qu'un i-machin, même avec un million d'applications inutiles. Je me sens bien dedans, et j'anticipe que mon homme va avoir les yeux dans une autre dimension.

Sourire, achats, sms. 

Vivement ce soir !


Mots & Emotions





mercredi 20 mai 2015

Epanouie

Libre, seule mais sereine, presque du moins, le temps de la digestion.

C'est ici que j'avais rencontré mon prince charmeur, dans ce riad marocain, durant un séminaire pour entreprises, des consultants, des spécialistes, des experts, des commerciaux, du gratin dans mon secteur. Des journées boulot le matin, détente, golf, piscine et autres balades l'après-midi, des soirées un peu folles, des repas fabuleux dans la fraîcheur nocturne du jardin immense, des coins et des recoins. On avait dansé tard, le deuxième soir surtout, les plus gros messages étant passé, la centaine de personnes se lâchait, discussions professionnelles au début puis plus de liberté. Des couples car la société qui invitait ne négligeait personne, ni les cadeaux, ni les billets gratuits, pour "le travail" et pour le fun, mais avec l'objectif de vendre nos produits ensuite. Juste les nôtres.



J'étais alors célibataire, libre de profiter de ce lieu magique, de ce pays formidable, des activités touristiques ou sportives. Des groupes, des affinités, des couples plus seuls, la barrière de l'anglais ou l'envie de profiter à deux. Plusieurs riads reliés pour des dizaines de chambres, du personnel discret, du thé à la menthe, et ce jour-là lui, le beau mâle, le commercial sur de lui, conquérant, un peu trop sûr de lui. Il avait essayé, sans trop cacher son jeu, envisageant vite un duo avec moi, plus que professionnel, le grand coup du dragueur. Avec le soleil, l'ambiance aussi, j'avais fini par en rire de ses avances, de ses compliments sur mes robes, sur mes chaussures, sur mon élégance, et puis j'avais craqué. Ses bras, son odeur, la chaleur, le thé, les fleurs du jardin, un parfum d'ailleurs et puis pourquoi pas.

Voilà deux ans que c'était comme cela, car nous avions des réunions régulières, des séminaires et autres colloques, chacun volontaire de notre côté, nos vies autrement, le boulot comme trait d'union et de galipettes joyeuses. Un bonheur fort ! Avec quelques virgules, sans trop s'encombrer, sans trop s'envahir, j'avais compris qu'il était marié, et moi,, je voulais, qu'est-ce que je voulais vraiment ? J'étais bien avec ce presque gentleman quand il lâchait son portable et sa famille lointaine. Nous étions heureux, complices, charnellement très jouisseurs du corps de l'autre. Des sex-friends, peut-être un peu plus, mais pas trop obligé par l'autre, cela chagrinait ma meilleure amie, elle ne voyait pas dans quelle case le mettre.


Je n'y jamais réfléchi, même quand mes soeurs ont annoncé mariage, bébé et maison, tout cela ce n'était pas pour moi. Mon appartement me suffisait, ma liberté et mes amis aussi. Le lit certes froid certains soirs, pas toujours non plus, n'en déplaise à ce monsieur. Je vivais comme une trentenaire libre de son corps, de sa vie, de sa profession, de son salaire et de toutes ses décisions. Libre.







Libre encore plus aujourd'hui, car finalement cet homme devenait jaloux de tout cela, mais se cachait derrière sa femme enceinte du second enfant, sur les projets, sur un impossible divorce que je ne lui demandais pas. Un mâle régnant, croyant annexé mon fief, mon chez-moi en plus du sien. 
Non. voilà ma réponse quand il a demandé pour le prochain colloque. 

Et puis l'organisateur étant un collègue, j'ai fait envoyé une invitation "Mr et Mme ..." chez lui, avec une lettre "comme la dernière année, nous pourrons vous réserver une chambre double pour votre venue...". Etrangement, lui aussi a été obligé de dire "non" 

J'aime le soleil sur mes épaules, le goût si sucré du thé à la menthe, très chaud, les parfums du jardin.



Mots & Emotions

mardi 19 mai 2015

Soleil d'amour

Soleil sur le lycée, envie de penser à tous les week-ends de l'année, à toutes les sorties, à toutes les fêtes et surtout à ce bonheur avec mon amoureux. Un hasard, une soirée prévue pour être pourrie, pour accompagner une copine, de la musique trop forte, j'aime pas çà. 

Et puis là dehors, sur le perron, malgré le froid, un groupe de fumeurs, et lui perdu dans son téléphone, pas pour jouer mais pour occuper son temps. Deux mots, en même temps, le côté instable à 360°, deux timides ou du moins deux êtres inconnus l'un pour l'autre cherchant le premier mot juste. La soirée a filé ensuite trop courte, le bonheur de parler avec lui. Et pourtant son look, le mien, le lieu, les copains, rien n'était parfait.

Six mois de sentiments, je ne dirai pas d'amour, je prends encore ce recul. Des longues discussions, des changements de tenue, je suis passé de jean collé à ma peau, à des jupes, des tops, des tee-shirts plus féminins, lui a redressé sa coiffure improbable. Un baiser en partant d'une soirée, la main dans la main parfois en se retrouvant au café, et puis les casse-pieds, les jalouses, les cons, les beaufs, le monde normal m'a dit ma mère.







Nous avons fait une sortie de quatre jours, nos classes ensemble, deux jours de rêve de bisous, de balades, de discrétion vis-à-vis des profs, d'envie de plus. Oui j'ai compris ce que mon corps, ce que mon coeur, ce que mes parents m'avaient expliqué il y a si longtemps. Faire l'amour. Juste des pensées, mais une profonde envie. Juste traduite par une paire d'escarpins achetée en cachette, une jupe plus courte, un ensemble si féminin pour la soirée de gala de ce voyage. 

Il a aimé, on ne s'est plus lâché depuis.

Je l'aime, il m'aime. Mes parents l'ont vu passé un soir, mes frères et soeurs ont jasé, bref le bonheur de la famille. Les commentaires, les rires et autres sourires. Finalement des conseils et puis un recul assez étrange, comme si tout cela était normal. Moi la grande, l'ainée, je testais la vie, l'amour, la rencontre de l'autre. 





Là, j'hésite, des soldes, une robe rouge, elle me va si bien, mais cela fait too much quand même me dit ma meilleure amie. Je vais attendre, mais je redoute l'été, les vacances, les distances, l'oubli. Je vais vivre l'instant présent mais il va bientôt se finir, mi-juin ce sera vacances.


Mots & Emotions