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mercredi 10 juin 2015

Mode de presque printemps !

J'aurai voulu trouver le thermostat, ce truc, ce machin, ce bidule pour avoir une certaine régularité dans le climat. Dehors le vent, un froid soudain après une semaine de chaleur aussi soudaine, le printemps avec des coups d'automne et d'été, les deux derniers se mélangeant aussi avec l'hiver, avec des avancées, des reculs, des cocktails de saisons sur une seule semaine.




Marre, réellement marre de suivre ce temps maussade, de retrouver même un parapluie de secours dans un fond de tiroir en voyant s'abattre des trombes d'eau sur le trottoir, face à mon bureau, quelques minutes avant la fin de journée, marre. Et ma mode ?

Aujourd'hui dans le paradoxe, d'une cape douce sur une robe d'été, sans collants, juste des ballerines, et un réel froid sur les jambes en sortant, et pourtant la semaine dernière j'ai pris un coup de soleil, là sur mes mollets trop blancs, pas prêts à autant de rayons chauds. Déboussolée, énervée même, car quand un amoureux vous invite le soir, que mettre pour être la plus belle, mais la plus gelée, ni la plus en sueur. Je ne sais plus. Marre de cette météo, il serait si facile d'avoir des vraies montées en température, des périodes de pluie, des saisons marquées, des transitions réelles, de la chaleur  et du froid, et la mode en conséquence. Mes bottines vont ressortir de la boîte d'automne, demain, je viens avec, peut-être même des collants en bonus. Noir opaque, non, un joli collant chair brillant, j'aime quand mes gambettes brillent, les regards tournent, les jalouses maudissant ce détail sur moi, et aussi mon goût pour une tendance passée. Mais j'aime pas le chair mat, mes jambes sont lisses, parfaitement épilées et brillent de la crème onctueuse qui nourrit ma peau. Alors oit je brille naturellement mais avec la chair de poule, soit je brille en plus avec le voile fin couleur d'été... pluvieux.






Bon demain, on verra ;-)



Nylonement
Mots et Emotions

lundi 1 juin 2015

Une nouvelle vie

Indépendante, avec une belle réussite professionnelle, je donnais l'image de la jeune trentenaire radieuse, belle et toujours souriante, une executive woman flamboyante. Parfois malgré tout, entre deux tranches de rôti de boeuf du dimanche, dans une discussion entre amis, dans des soirées où les mariages s'annonçaient, les premiers enfants naissaient, j'entendais la petite phrase "alors cet amoureux, tu lui laisses un peu de temps pour te rattraper ? tu nous le présente quand ? ..." d'autres versions qui amenaient parfois d'autres interrogations plus fortes "tu n'es quand même pas seule, toi c'est impossible!".





Indépendante, cadre impliquée et souvent en déplacement mais aussi, femme féminine, voire sexy quand il le fallait, quand il était là justement. Oui il y a avait bien un homme dans ma vie, discret, car je n'avais pas trop de temps, pas vraiment de sentiments pour lui, mais une réelle complicité qui se prolongeait au lit, souvent. Un sex friend pour les raccourcis, un bon ami, un  bonheur à deux dans nos agendas occupés, des plaisirs partiels pour les autres, du bonheur plein pour nous deux. Certes les sentiments avaient fait au bout de deux ans  un peu pression, mais il était marié, heureux, papa, serein dans son boulot et avec moi. Rien n'avait été caché, rien n'avait été promis. Et de mon côté, rien n'avait été demandé ou exigé, mais plus encore j'aimais mon célibat pour ces instants calmes, sans personne, juste pour moi. Egoistement peut-être, mais j'aimais ma solitude.


Indépendante, plus vraiment depuis que ce retard de règles, ce test acheté et posé sur le bord de la baignoire, une barre, de l'attente, deux barres bleues, positif, un test positif, je suis enceinte. J'aurai pu pleurer, de joie, de rage, de peur mais je suis allée sagement prendre un thé. Je devenais maman, de façon un peu impromptue certes. J'avais pas de contraception, nous utilisions des préservatifs pour garder notre liberté, nos corps sains. Mais récemment, après deux semaines sans se voir, nous avions très envie, très très envie. Bref, nous avons fait l'amour, dès la porte refermée, là, le string au milieu des genoux, la jupe relevée, collés au mur, comme des amoureux fous, sans rien. Mon cycle, le nombre de jours, enfin bref, nous avons rien calculé, juste cédé à nos envies, nos pulsions. Mère, un nouveau statut. Envisageable, peut-être. Pourquoi pas après tout.








Seule ou avec lui, la question serait plus tendue probablement, même si nous en avions ri un jour, sans l'envisager, juste pour se dire "et si on faisait un enfant ensemble". Ce n'est pas un lâche, juste mon ami, mon amoureux de lit, mon pote, mon duo pour m'évader, mais aucunement mon compagnon, encore moins mon mari. Et puis pas envie de casser son couple, sa famille avec un enfant, un bébé à venir, pas celui-là, mais celui dans le ventre de sa femme. J'ai passé deux semaines à continuer à vivre normalement, sauf avec quelques nausées, à penser à ce bébé en préparation. Jamais je n'ai hésité à savoir si je le gardais ou pas. J'étais maintenant maman, sans père officiel. Avec un sourire, j'anticipais ma modernité, mon indépendance financière, ma vie de femme et de mère. Les mots des autres, les jugements et les préjugés, je m'en tape. Lui, je vais lui annoncer. Mais toujours ne rien exiger.

Je fais un bébé toute seule, je suis heureuse.



Mots & Emotions


jeudi 21 mai 2015

Liberté de compliments



Journée mitigée, le soleil ne joue pas avec la lune comme dans une chanson joyeuse, mais avec des nuages distants, des brumes surprenantes pour un mois de mai. Je patiente pour un rendez-vous, pour convaincre des clients moroses comme le business et la croissance de notre beau pays. La météo serait-elle aussi atteinte par cette contagion ?


Et elles passent, oui deux jambes, une ravissante paire de gambettes dans un gris opaque foncé, des talons en-dessous, une jupe corolle au-dessus. Un rayon de soleil les suivant de près. Impossible, je dois rêver, m'être endormi sur la chaise de cette terrasse, de ce café. Tout est là, un sac glamour et moderne, un petit haut fausse fourrure un peu tendance. Un rayon de beauté, un de ceux qui parle à mon bonheur version mode. Elles s'arrêtent. Je fais une pause sur elles.




Mon heure arrive, un bip de mon téléphone, je paye, je me lève en ramassant mes affaires, je file. Elles sont toujours là, en attente, même le soleil a poussé les nuages malicieux, la lumière juste autour des talons. Je cherche ma direction, justement par là, vers elles. Je traverse, je passe, j'aperçois un visage, une écharpe, le courant d'air qui justifie pleinement cet accessoire. 

Ravissante. Ce mot reste en moi. Car dans notre belle société, vous savez celle où vous vivez, payez des impôts inégalitaires, subissant des lois étranges parfois, profitant de la réalité simplement les autres jours, il y a délit de liberté d'expression. Vous en connaissez les tyrans, les barbus châtiant les infidèles, les humoristes et les personnes libres dans un amalgame honteux. Les mêmes, qui inculquent à leurs générations, un héritage crétin (non ce n'est pas une religion !) de mâles en machistes, avec des valeurs viriles et nébuleusement primaires. Ceux-là même qui pense que les femmes sont des êtres humains de catégorie inférieure, mais bien utiles pour le ménage, la gestion des enfants, la cuisine et le lavage de leurs linges. Ces hommes de tous âges, jeunes, enfants, élèves, étudiants, adultes ou vieillards jettent des mots, des saloperies, des insultes, des blessures sur le corps des femmes, mais apparemment ne se lassent pas de les regarder, ou ne savent détourner les yeux ailleurs. Oui ce sont des êtres primaires, n'oublions pas ! Ceux-là toujours qui voyant une femme élégante, belle, jeune ou vieille, libre de sa mode, ceux-là donc qui ne pense qu'avec un cerveau à deux boules, et semblent avoir une sexualité, du moins une vision bestiale, animale (ah moins que ceux-ci ne soient paradoxalement de grands consommateurs de vidéos de cul). Paradoxe de pensées, plutôt de réflexes conditionnés, ils insultent les femmes. 
Surtout ils ne les respectent pas. Jamais.








Alors j'assume ma personne, je suis un homme, un mâle, un esthète, parfois probablement un voyeur car je ne baisse rarement les yeux. Machiste, pas du tout, sauf en présence de femmes qui pensent que tous les hommes sont pareils, face aux féministes camionneuses et obtuses, je peux devenir macho extrémiste, le temps d'une joute verbale. Féministe, oui, sensible à la féminité, très sensible à l'équité et à la liberté de vie et d'expression des femmes : OUI !

Je ralentis, elle est derrière moi, je me tourne, elle arrive à ma hauteur se dirigeant vers la même rue, même trottoir. J'ose, une folie dans notre monde actuel, un acte peut-être filmé par les trop nombreuses caméras de soit-disant sécurité. Une liberté cachée, presque un geste militant pour la féminité, j'ose totalement.

"Mademoiselle, je sais que c'est interdit, mais pas insultant, vous êtes ravissante ainsi. Votre tenue défit cette météo. Vos jambes sont magnifique, votre mode avec."

Dans un même tempo, elle freine, sourit, rit, s'illumine pleinement.

"Merci Monsieur, les compliments sont si rares, les insultes et sifflets trop souvent. Mais j'aime le printemps, je le défis avec ce rose (sa jupe pour info), même si je dois jongler entre le chaud de mon gilet, de mes collants. Je défends aussi ma liberté de femme, d'être moi, avec la mode que je veux. Bonne journée."


Oui quelle belle journée !



Mots & Emotions
Nylonement


lundi 11 mai 2015

Matin de printemps

Chaleur, délicats instants du matin, la fenêtre ouverte, le bruit de la ville qui se réveille aussi, des voitures, des livraisons et quelques passants. 

Mon balcon, les volets à peine ouverts, les fleurs encore endormies, le printemps arrive enfin, la verdure aussi, les couleurs s'ajoutent au vert. Je savoure ces moments calmes, avant le rush des réunions, des rapports, des créations et du sempiternel leitmotiv financier, plus souvent frein que tremplin.





Des emails, des écrans, des idées, des mots, des dossiers, des contrats, mais où serons-nous en fin de semaine, en fin de mois, de trimestre, plus souvent concentrés sur le court terme, sur les chiffres d'analyse et les autres réunions pour en parler que sur les actions réelles à mener, pour essayer, pour tenter, pour réussir, pour viser d'autres horizons et donc toucher de nouvelles clientes. Voilà déjà devant ma tasse, je suis partie dans mon boulot. Heureusement le week-end fût plus long, le plaisir de la détente aussi. Un spa, une heure de bien-être papouillage et bichonnage, je suis ressortie toute fraîche. 

Penser mais à autre chose, à moi, à ma vie, à mon amour, à mes filles, dans quel ordre d'ailleurs, je m'en fous. Penser à eux, à ce tout qui forme une famille recomposée avec moi. Je suis bien, une tartine, un post-it collé sur l'écran, des mots, des liens toujours présents.


Maintenant douche, séchage, brossage, maquillage, une touche de vernis sur les ongles, pour moi, pour lui car il apprécie tant le détail. Un bel ensemble, même si il ne le verra pas, pas de voile sur les jambes, il fera chaud aujourd'hui. Une robe, légère, de printemps presque d'été si la météo est juste. Du bonheur en coton, bleue ou noire, ou non nude. Éternel dilemme, j'hésite, je cherche ce que je ne trouve pas, j'essaye, je retire, je reste là devant mon miroir, me regardant, ne voyant que les défauts alors que lui ne voit que les courbes et ma féminité. Je souris. Une robe, oui celle-là. Des paillettes, et pourquoi pas, la vie peut être plus magique, plus pétillante avec ce soleil. J'ose !







Des ballerines pour la route, des talons au bureau, dans mon sac pour l'instant. 

Je suis bien, deux sms sont arrivés. C'est lui. Loin, en déplacement, amoureux, comme moi.



Mots & Emotions