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dimanche 5 juillet 2015

Bas de Soie

La légende raconte qu'un beau jour, au XXVIIe siècle avant J.C., l'impératrice chinoise Xi-Ling-Chi, épouse sublime de l'empereur Huang-Ti, prend son thé sous un arbre, un mûrier. Un souffle de vent, un cocon de bombyx tombe dans sa tasse. Surprise, car avec la chaleur de l'eau chaude, le fil se détend. De ses fines mains, elle saisit le fil unique, le déroule ...


Aujourd'hui point de bas nylon, mais un regard sur les publicités et l'iconographie du début du XXe siècle des bas de soie. Car avant notre époque d'or, la naissance des bas nylon et leur apogée sensuelle (années 40-50-60), il y a eu des bas de coton et de soie. Les derniers étaient l'apanage des élégantes, des femmes bénéficiant de moyens financiers réels en relation avec leurs modes. Sachez que durant la Belle Epoque, certaines femmes avaient une tenue du matin, une tenue d'après-midi ou de goûter, de dîner aussi, les variantes étaient nombreuses, les froufrous aussi, du moins les épaisseurs entre linge de corps (pas encore les dessous actuels) et linge de confort, corsets et autres sous-robes et robes, voire tabliers.

Les bas de soie étaient produits en France, en particulier dans la Vallée du Rhône et dans les Cévennes. Une production nécessitant des mûriers, des arbres à larges feuilles mangées par les chenilles du bombys, un papillon spécifique, des élévages, de la main-d'oeuvre souvent féminines pour ensuite ébouillanter les cocons, dérouler et filer la soie. Des magnaneries, des petites usines spécialisées dans le traitement de la soie, avec toutes les étapes, des étuves pour obtenir des soies brutes ou fines, un travail de précaution à forte valeur ajoutée financière pour les propriétaires, une source économique importante pour la région, même si les conditions de travail étaient dures.

Au final des bas de soie, fins certes pour l'époque mais avec un ressenti actuel proche des 30 deniers, une finesse exceptionnelle, une douceur tout aussi exceptionnelle, une beauté pour des jambes que l'on ne voyait jamais sous les robes longues. Il ne reste que peu, trop peu de ses bas si fragiles. Pas ou peu de pochettes en carton avec les illustrations ci-dessous :


















Je vous recommanderai le livre sur la soie, sur la région des Cévennes, sur ce morceau d'histoire avant le bas nylon :

"La Fille du Fil" 
La soie, une histoire de femmes cévenoles
par Karine Bergami



Nylonement




vendredi 3 juillet 2015

Enfin réel !

Eté, chaleur, rencontres, le hasard des moments virtuels qui deviennent réalité.

Je dois croiser enfin, oui enfin, cette personne cachée derrière un pseudo. Tant de messages échangés, de rires, d'émoticônes pour renforcer nos pensées, d'autres messages, pas de drague, mais des longues discussions, toujours et même parfois durant des nuits d'insomnies. Des interrogations, des entrées dans l'univers de l'autre, des questions et des réponses, parfois des silences, des semaines d'intenses activité, d'occupations ou de vacances, et toujours ce plaisir, le mot est juste car ce n'est pas une routine, de recroiser de nouveaux messages.

Alors nous avions pris le temps de nous connaître, malgré nous, sans cette quête d'un coeur, ni même de moindre volonté, ni d'un côté, ni de l'autre, juste une amitié du net. Plus qu'une relation car parfois des confidences viennent, passent, trouvent des réponses.






Se voir, un instant magique, presque redouté, pas souhaité d'ailleurs au départ. Chaque coin de la France ou du monde, le net est une toile trouble, opaque, mais les mots la traverse. Ainsi des émotions plus que des sentiments, nous en avons beaucoup échangé. Des rires souvent parfois des tristesses et des doutes, car cette proximité non envahissante et sans jugement a des avantages. Nous avons parlé, longuement parlé de tout et de nous. Par petites touches, sans trop de curiosité, mais finalement avec des indiscrétions, des joies, des folies passagères, des parenthèses joyeuses, sans aucun risque car nous n'avions jamais envisagé de nous voir.

Mais là, j'ai hésité avec mon image, que lui montrer de moi ? Chaleur d'été, jupe, escarpins ou ballerines, top, pas trop court, mais pas trop chaud non plus. Ne pas trop en faire. D'ailleurs, je ne le connais pas vraiment du moins physiquement. Un paradoxe à notre époque, car au début de nos contacts, c'était le jeu de deux pseudos sans visage. Longtemps d'ailleurs. Puis quelques photos, après des mois. Pas trop claires, juste d'ambiance, juste sur nos profils fb ou tw, des extraits de nous. Alors oui aujourd'hui, je ne cherche toujours pas à lui plaire, d'ailleurs cet homme est marié. Juste un ami virtuel devenant réel.

Jupe bleue ou jupe framboise ?

Comment sera-t-il ?

Les mots en vrai, des phrases sans le tempo et les corrections du clavier, des doutes. Est-ce une bonne idée de briser ce flou de nos corps réels ?

J'hésite encore. Ce rendez-vous peut-il changer un bout de moi, mon image dans ses yeux. Lui, moi, nous, deux amis. Nous verrons, nous nous verrons enfin.



Nylonement



dimanche 28 juin 2015

Bas d'été





C'est l'été, il fait chaud, même très chaud l'après-midi. Canicule un mot vite lâché dans les informations, le soleil est là, bien installé au-dessus de votre terrasse, de votre jardin, de la plage ou de vos balades. Ses rayons picorent chaque centimètre de votre mode. Et vos jambes aussi.


Et là, au gré des discussions, une phrase, non deux, reviennent à mes oreilles :
"Il fait trop chaud pour porter des bas !"
"De toute façon, les femmes ne portent pas de bas, des collants fins, et actuellement rien du tout."

Deux affirmations, comme des éléments récurrents de la mode, une pointe de critique, des préjugés avec, les avis sont divers, je les respecte mais parfois je ne peux les partager. A chacun, chacune surtout ses convictions, ses affirmations, ses jugements définitifs malheureusement aussi, mais aussi et plus sereinement ses échanges d'idées.







Certes quand l'astre solaire pique de ses dards et de mille feux en bonus, les visages, les épaules et les bras, les cuisses et les mollets, le corps entier, tout cela se ressent, pèse de toute la chaleur absorbée, difficilement évacuée. Quand la température dépasse la résistance propre à chacune, variable dès vingt degrés ou dès vingt-cinq degrés, voire plus, les bas peuvent naturellement rejoindre leur pochette, leur tiroir ou leur satinbox.

Chacune sait ressentir le moment adéquat pour laisser ses jambes libres sous le soleil, ou juste à l'ombre. Chacune décide d'ailleurs de les laisser bronzer ou pas, pour avoir une teinte caramel léger ou plus prononcée. Une liberté de mode, souvent accompagnée de robes et de jupes, car l'été lance souvent un appel à la légèreté pour respirer plus aisément cette belle saison. Elégance nouvelle car certaines n'osent montrer leurs jambes en d'autres saisons, fidèles aux pantalons, tandis que d'autres portent uniquement des jupes de toutes longueurs, avec des deniers plus ou moins importants.

Pour la première affirmation, oui la météo, la température oblige parfois à oublier les bas, à libérer volontairement les jambes pour les bises des rayons de soleil. 

Pour la seconde, ma réponse, ma vision commune avec beaucoup d'amies, de relations et de lectrices est différente. Je reste conscient de l'omniprésence du collant, quand les températures s'y prêtent (sinon relire les lignes précédentes) depuis son invention, depuis son adoption inconsciente par plusieurs générations de femmes pour son confort, son pratique et son effet mode sur les gambettes, en complément de leurs tenues. Mais sans militer aveuglément, et sans limiter mon regard à mon entourage proche, je suis certain qu'il existe un faible pourcentage, mais un réel engouement actif pour les bas. Bas jarretières ou bas pour jarretelles, le débat méritera un ou plusieurs autres articles, ou de piocher dans mes écrits des cinq dernières années,

Je finirai sobrement sur cette dernière photo, qui traduit avec un sourire, un fantasme peut-être (du moins aux yeux de certains), mais plutôt une vision artistique de ma passion pour la mode, pour la lecture et l'écriture, plus encore pour les mots et les bas nylon.






Nylonement



lundi 22 juin 2015

Famille

Un long week-end commencé dès vendredi matin, pour accompagner le mariage d'une de mes soeurs, nichée dans mon écharpe moelleuse, je ne pense qu'à dormir dans ce train qui remonte vers chez moi. Trois jours intenses, un long voyage dans nos différences, le temps passe vite, trop vite, les mois qui séparaient avec force nos deux classes en primaire et pour le reste de nos études, se sont évaporés, nous voilà trentenaires tout simplement.

Si éloignées.

C'est pourquoi j'avais tant envie de les revoir toutes et tous, la famille en particulier, que je ne vois plus beaucoup, par manque de temps, avec moins d'envie aussi. Une bande de copines, des moments solitaires, c'est dans ma nature. Différente de notre tribu sans être le canard noir, juste un cygne noir  dans un melting-pot bariolé, avec des envies sortant de leurs habitudes, de leurs traditions. Certes la génétique devient relative avec un inné brouillé par la recomposition de notre cellule familiale, d'un côté comme de l'autre. Ainsi après quinze ans avec une seule soeur, ma grande soeur, moi la dernière, je me suis retrouvée au milieu d'un groupe avec deux garçons, les nouveaux amours de mon père.








Puis quelques années plus tard, car ce fût plus dur pour elle, ma mère à rencontrer un homme, plus jeune, sympathique, discret, mais avec lui aussi des enfants. Deux nouvelles soeurs, des routines différentes, des blondes, des bruns, des rousses, des grandes et des petites, des morphologies variées, des histoires et des éducations, surtout des week-ends à géométrie variable. La table était toujours grande, le contact en tête à tête difficile avec les parents, surtout dans une fin d'adolescence, face à des choix de vie, d'études, des doutes de futurs jeunes adultes, j'ai pris du recul, je suis devenu indépendante. Le temps a avancé, naturellement jour après jour, mois après mois, en dévorant le calendrier, nos relations se sont plus ou moins nouées. Avec certains j'ai eu le plaisir de partager des concerts, des soirées, des moments complices ponctuels et des souvenirs, avec d'autres j'ai râlé sans retrouver certaines de mes chaussures, la mode semblait être notre lien implicite, mais ses jeunes soeurs ne savaient pas vraiment demander avant d'emprunter dans mon ancienne chambre. 

Moins de souvenirs avec elles, on ne se croisait pas assez, je n'avais pas tissé cette fibre dépassant le niveau de simple relation, elles m'étaient étrangères. Mes parents étaient heureux, je menais au mieux mon futur parcours professionnel, mon premier studio. 

Alors le temps a marqué cette distance entre eux et moi, mes déplacements à l'étranger, un boulot prenant, une fatigue réelle mais assumée, et les fêtes de famille décalées chez les uns et les autres, aux quatre coins de la France, je me faufilais entre les dates, les lieux. Sans envie. Les premiers amours et les premiers mariages, là c'était ma soeur de sang, mon aînée. 

Finalement j'ai été pour la première fois avec eux tous, leurs gamins, leurs bébés, leurs femmes et leurs petits copains, leurs maris. Une troupe de gens, d'amis de ma soeur et de son nouveau mari, des discussions sur l'amour, sur la météo, sur le boulot, sur tout ce qui forge un rien dans une discussion avec des quasi inconnus. Etrangement je me sentais aussi proche d'eux que de certains amis, sans lien familial. Sur la photo des frères et soeurs des mariées, j'ai regardé les personnes, ne sachant plus vraiment qui était de notre côté, trop de facettes.  





Et puis les différences, ma robe robe, cette couleur qui est ma touche de feu, tous les jours avec moi, ma signature dans ma vie courante, je l'ai porté fièrement au milieu des couleurs fades, des tenues génériques. Rouge en version robe longue, en version courte quand le soleil est revenue, en trench ou en robe moulante, j'ai abusé de la couleur écarlate, même aujourd'hui dans le train, avec mon jean, des ballerines rouges et vernies.

Le plus marquant aura été ce vide laissé par ma venue seule à ce mariage. Tous étaient en couple, plus ou moins officiel, durable et parfois avec les gamins associés. Une fierté exposée comme une validation de statut social, une normalité que je ne trouve pas indispensable. Je vis sans personne. Indépendante mais surtout solitaire, heureuse et sereine ainsi, jamais je n'avais dû le justifier avec mes collègues et amis, mais durant tout ce week-end, je me suis répété sur cet oubli d'abord en rigolant, sur ce vide ensuite, sur mon avenir sans enfants de plus, sur une possible nouvelle sexualité aussi, sur cette liberté enfin.

Je tombe de fatigue, mais ce fût épuisant de danser, de discuter, de me sentir si différente, j'attends de rentrer dans mon cocon, celui de ma vie, de mes mille occupations, de mon travail, seule et infiniment heureuse.



Mots et Emotions
Nylonement




jeudi 18 juin 2015

Blog et blogueuses mode


Blogueuse, modeuse, fan de mode, fan de mots, j'ai lu et entendu tant de choses sur le statut des blogs mais surtout sur ceux et celles qui les crée, les nourrissent de leur créativité. Nombreux et diffus dans la qualité, dans le type de contenu, avec ou sans ligne éditoriale, parfois très présents, parfois anecdotiquement réguliers, les blogs sont un nouveau média, une source de contenu nouveau. Multiples devrais-je dire, car ici la liberté est bien personnelle ou celle d'une petite équipe, mais le professionnalisme n'étant pas le premier objectif, la publicité n'étant pas uniquement le seul vecteur de pensée, les choix de publications sont plus ouverts.

Certes certaines se laissent guider par des marques, servant de faire valoir ou de porte-manteau à celles-ci, mais les photos illustrent cette vision du fait-maison, des idées en vrac déversées dans des mots et quelques fautes au passage, sans réel cohérence, juste une envie, un article, des lectrices. Il y a aussi tant de beaux contenus, des réels envolées lyriques, des partages souriants, de la créativité et du bonheur.

Ah le blog, vaste sujet de controverses car ils étaient nouveaux, parfois arrogants, surtout indisciplinés, sans frontières, avec des avis sur tout, et puis le temps à laisser filer les leaders, les blogueuses mode devenues professionnelles, avec des équipes de presse derrière, un graphiste, du contenu ciblé, de la publicité, moins de liberté. Certes la foule, les millions de blogs nés, morts-nés ou dilués avec le temps, elle a vu s'étirer sa substance, avec devant donc des leaders, mais aussi des blogueurs plus organisés, plus fidèles à leurs envies et à leur public, et puis derrière des articles oubliés, des noms de domaine devenus souvenirs.








Pourquoi avoir un blog aujourd'hui, sur la mode, sujet par essence très volatile, très variable suivant les saisons ? Pour le plaisir de partager, pour ce bonheur simple et réel de poser devant un photographe, une copine, un amoureux, de montrer des trouvailles, des sacs, des jupes, des escarpins, des lunettes, du maquillages, des robes, des tops et autres accessoires. Un plaisir de se montrer sans être exhibitionniste (dans le sens péjoratif et restrictif du terme), de partager avec des commentaires de lectrices, dans un univers 2.0 où l'interactivité est un rituel. On aime, on aime pas, on commente, on donne son point de vue, on partage, on relit ou on ne lit rien du tout, on regarde, on consomme, on jette.

Le blog reste un lieu, une source, des sources de bonheur où le visiteur passe par habitude, par hasard, mais se fond dans un univers moins formaté, le vôtre, le sien, le mien. La liberté d'expression de la mode.




Nylonement


mardi 16 juin 2015

C'est l'été

Un coup de soleil, des rayons cosmiques qui inondent notre planète bleue, un peu grise aussi, il pleut de la lumière.

Lasse de cette soudaine chaleur, programmée sur le calendrier, à date fixe, je me suis assise sur un banc, dans ce square, au coeur de la ville, entre nature et bruits urbains. Des bancs et autant de scènes de vie, ce mélange qui fait notre diversité, notre société, notre vie en général. Peut-être là mon prince charmant, car mon célibat me pèse deux fois par an, comme des hormones calendaires. A l'automne où quand le soir devient un ami de chaque sortie de bureau, le sombre, le vent, le froid et le vide à la maison, il n'est pas là. Certes le dernier, je lui ai recommandé de partir, je l'ai même foutu dehors après une semaine de prise de tête, on avait plus rien à vivre ensemble, après seulement une petite année en duo. Donc célibataire, triste aussi à l'été venu, car l'inutilité des petites tenues, des petites robes sans compliments, des instants câlins sur le canapé, cette envie commune de faire l'amour avec la chaleur à tous instants, tout cela a disparu. Enfin pas complètement, une partie. Oui j'ai envie, mon corps pétille et je ne vous ferai pas de dessins. J'ai un manque réel.




Alors optimiste, pas encore non plus sur l'option rouge "je suis en rut", je regarde les mâles en présence, dans ce square, pour ce début d'été. Je ne chasse pas (terme si joli utilisé par ces même mâles quand ils observent , en bavant nos morphologies, bref nos corps de femelles). Là, un nouveau père, il donne à manger à un bébé, deux même, des jumeaux, un sac, des cuillères, des bouches avides de ce repas en boîte plastique. A côté deux grands-mères attendries, cherchant de quoi les occuper, c'est long la retraite quand leurs hommes sont définitivement froids. Elles papotent. Là-bas dans l'allée vers les jeux d'enfants, un geek branché sur sa tablette, captant même pas l'air du temps, juste le wifi pour commander un repas bio dans le restaurant d'en face. Un hipster total avec la barbe impeccable mais longue comme jamais. Peut-être sera-t-il un jour Père Noël car franchement les poils s'est dépassé, sectaire et moche surtout. Et puis çà gratte, oui là, enfin !

Plus loin, deux types, douze bières plus ou moins vides, des clodos, des heureux pensionnaires à temps complet du lieu, ils hèlent les mamans avec poussettes, entre galanteries de comptoir et grossièretés bien grasses. Qui étaient-ils avant d'arriver là ? Plus loin, deux cadres, costards, téléphone à la main, toujours connectés à un  travail ou des messages urgents, ils dévorent deux sandwichs carton et sans goût du magasin bio, je sais j'ai goûté à cette saine saveur sans aucun goût. Même le papier qui enveloppait le tout semblait plus savoureux. Et ces deux-là, aussi fades. Ils doivent parler de conseils, de stratégies, d'investissements financiers, de bourse et de tristesse. Pas vraiment de femmes, car celles-ci ne sont que des excuses dans leur cv. Un complément de déco et de mode pour les accompagner dans leurs belles voitures, dans les soirées, et optionnellement pour faire des enfants, pardon, pour prolonger la dynastie du nom de famille. Romance du missionnaire, chaque jeudi soir. Je suis exigeante, peut-être !

Personne et pourtant je devrais attirer les regards, avec cette petite robe patineuse, achetée fort chère avant les soldes, pour ne pas passer l'été seule. Tout est là, vernis, jambes nues et impeccables, pré-bronzées, robe courte, talons hauts, les lunettes et mon sourire. Ok ce lieu n'est pas St Tropez, mais rien, aucune touche, aucun regard, rien. Et pas de prince charmeur.

L'été va être long, chaud, très chaud.




Nylonement
Mots & Emotions



vendredi 12 juin 2015

Soleil au coin de la rue



Étonnante créature, là, juste au coin de la rue, une impasse anodine, comme on en trouve ici et là, avec un nom que l'on ne retient, tout en passant chaque jour devant. Un rayon de soleil tracé en direct des nuages de plus en plus présents, un trou de lumière parmi un printemps parlant de pluie, et là sur le sol, un bouquet de violet et de bleus.

J'ai marqué une pause sur ce chemin familier, laissant les énervés, les pressés, les routiniers continuer vers leurs bureaux, leurs objectifs du jour, du mois ou de l'année.

Une présence.







Devant moi, une chrysalide, une robe légère, immobile, des talons fins pour rester perchée sur le sol, elle absorbait la lumière. Seule, oubliée ou invisible aux yeux des autres, dans sa poésie et son processus, un coup de vent et les voiles se sont soulevées. Légers, aériens et surtout féminins, les souffles discrets, des petites touches d'air, sur le côté, derrière, autour d'elle.

Une femme, une fée, j'ai regardé le miracle s'accomplir, cette magie unique d'une naissance, d'un acte de mode sous la force infinie de la lumière. Libre, les bras évoluant autour d'elle, un regard, un départ, un point pour s'envoler, une direction peut-être, sortir de ce bout de rue, pétiller sur les pavés, sur les trottoirs. La fée faisait sécher ses ailes, se gorgeant d'énergie pour étinceler encore plus. 

Moments glamours, souvenirs, rêves, je ne sais plus.



Mots & Emotions



mercredi 10 juin 2015

Mode de presque printemps !

J'aurai voulu trouver le thermostat, ce truc, ce machin, ce bidule pour avoir une certaine régularité dans le climat. Dehors le vent, un froid soudain après une semaine de chaleur aussi soudaine, le printemps avec des coups d'automne et d'été, les deux derniers se mélangeant aussi avec l'hiver, avec des avancées, des reculs, des cocktails de saisons sur une seule semaine.




Marre, réellement marre de suivre ce temps maussade, de retrouver même un parapluie de secours dans un fond de tiroir en voyant s'abattre des trombes d'eau sur le trottoir, face à mon bureau, quelques minutes avant la fin de journée, marre. Et ma mode ?

Aujourd'hui dans le paradoxe, d'une cape douce sur une robe d'été, sans collants, juste des ballerines, et un réel froid sur les jambes en sortant, et pourtant la semaine dernière j'ai pris un coup de soleil, là sur mes mollets trop blancs, pas prêts à autant de rayons chauds. Déboussolée, énervée même, car quand un amoureux vous invite le soir, que mettre pour être la plus belle, mais la plus gelée, ni la plus en sueur. Je ne sais plus. Marre de cette météo, il serait si facile d'avoir des vraies montées en température, des périodes de pluie, des saisons marquées, des transitions réelles, de la chaleur  et du froid, et la mode en conséquence. Mes bottines vont ressortir de la boîte d'automne, demain, je viens avec, peut-être même des collants en bonus. Noir opaque, non, un joli collant chair brillant, j'aime quand mes gambettes brillent, les regards tournent, les jalouses maudissant ce détail sur moi, et aussi mon goût pour une tendance passée. Mais j'aime pas le chair mat, mes jambes sont lisses, parfaitement épilées et brillent de la crème onctueuse qui nourrit ma peau. Alors oit je brille naturellement mais avec la chair de poule, soit je brille en plus avec le voile fin couleur d'été... pluvieux.






Bon demain, on verra ;-)



Nylonement
Mots et Emotions

samedi 6 juin 2015

Glamour toujours plus

Bien plus qu'une simple définition, le Glamour, est un art de vivre, une attitude et un bonheur quotidien. D'ailleurs le travail, tous les jours, ne permet parfois pas d'exprimer par la mode, la partie la plus visible, cet éclat brillant de la féminité soyeuse. Même si dans un hypermarché proche de ma maison, le nombre de caissières étant conséquent pour parfois remplir plus de quarante caisses en même temps, avec un échantillon de personnes venant de toutes les origines, de tous les âges et plutôt (probablement) avec un faible pouvoir d'achat, il existe là aussi des étincelles d'élégance.





Parler de beauté serait restrictif, je tomberai dans les schémas habituels, avec le premier carcan de la jeunesse... éternelle, mais aussi des morphologies stéréotypées souvent blonde à forte poitrine et cheveux dans le vent, enfin surtout coiffés avec tous les cosmétiques habituels de nos publicités, et plus encore dans le carcan des formes.

Parler d'élégance permet alors de voyager sur les chemins croisés de l'art, de la séduction, du bien-être personnel de chaque femme, sur son image réelle et son image ressentie, sur sa volonté de briller ou simplement d'être elle-même, mais totalement femme. Avec une référence souvent rattachée aux années 50-60, ivresse d'une époque de forte évolution économique, de révolutions plus ou moins marquées dans la liberté des femmes, dans la créativité d'un nouveau monde, dans le changement intellectuel et physique lié à une société de consommation nouvelle, la femme exprimait alors la pratique pour la vie courante, la mode pour les belles occasions en plus. Les années ont passé, les modes aussi, les détails parfois ont traversé le temps, les étincelles de cette allure si personnelle ont trouvé leurs codes. Et vous avez aujourd'hui le choix de picorer, d'en jouer au ré de vos envies, de vos moyens, de vos facettes de féminité.








Maquillage, eye-liner, rouge à lèvres, bijoux, foulards, sacs à main, escarpins ou ballerines, bottes ou bottines, bas nylon ou collants graphiques, mode longue ou courte, robe ou jupe, lingerie pour vous ou lingerie pour vous et lui, pour vous et elle, La mode et ses accessoires sont infinis, vous pouvez choisir de les assembler à votre aise, selon vos désirs, pour jouer de sobriété avec quelques détails, pour abuser de folies qui brillent tout autant. La petite robe noire n'est qu'une base, déjà multiples dans ses coupes proposées. A vous de la compléter de votre présence, de vos formes, de votre démarche, de votre journée, entre travail et sortie, vous serez toujours femme, parfois une femme glamour.

Alors pour apprécier simplement, pour comprendre les codes, pour rêver, pour succomber dans une pulsion intense d'un désir non contenu, je vous propose aujourd'hui l'accessoire glamour, même glamourissime : les gants. Mais dans une version définitivement glamour, dépassant la main, s'allongeant sans fin sur le poignet, l'avant-bras et même parfois le coude. Une paire que l'on porte pour être vu, pour le confort d'un cuir fin ou d'une dentelle, un accessoire sublime pour être femme.











Bon samedi


Et pour ce modèle, n'opposez aucune résistance, ce serait un effort vain ;-)




Nylonement

mardi 2 juin 2015

Eté ou presque

         

Un coup de chaleur, le mois qui change sur le calendrier, les vacances qui se discutent encore entre la machine à café, les projets à rendre et les clients, mais est-ce vraiment l'été ?


Car en prenant le métro, j'ai eu un doute, pas sur le lieu, mais sur la destination. J'ai pris le temps de regarder les nouvelles lignes desservies, les changements possibles et surtout les lieux. Cherchant la plage, le sable chaud, les galets ou les rochers, les coins de calanques, les piscines et autres océans non indiqués auparavant.

Pourquoi ce doute ?

A la vue des tenues parfois très légères (je garde certaines anecdotes pour moi, souvenirs passés revenus à la vue d'un détail bien réel), des dentelles, des guipures, des transparences, des jupes courtes, des shorts trop mini, des tenues de plages, il ne manquait que la paréo. Rien de plus, rien de moins. Certes il y a eu deux jours de soleil, des week-ends prolongés mais finis, des mois d'été à venir, en ajoutant des climatisations torrides voire tropicales dans certains immeubles, mais quand même. Réfléchissons, à moins que ce ne soit un défilé de mode balnéaire, et que le wagon suivant contient juste les créatures en maillots de bain. J'avais froid pour la demoiselle dont je devinais, du moins lisais les tatouages, ici et là, mais vraiment là juste au-dessus des fesses. Poésie ou voyeurisme aigu, je n'ai fait que regarder, ce qui était plus que déballé. Choqué, par vraiment, à mon âge et avec ma sagesse très personnelle, j'aime l'esthétisme, mais je l'apprécie à certains moments, certains endroits, certaines saisons.




Les tenues peuvent être plus légères, certes, jouant de matières plus souples, plus fluides, plus aériennes, mais masquant le minimum, car comment travailler ainsi dans un bureau, les fameux open-spaces si froids, si tristes. Ah voilà, c'est un moyen de réveiller l'esprit d'équipe, de fédérer les regards, les initiatives, les comportements "corporate". Je préfère le voile léger, celui d'une paire de bas, mais masqué de tous, inconnu, non divulgué. Parfait pour cette mi-saison !


Bientôt l'été viendra.


Mots et Emotions
Nylonement



mardi 26 mai 2015

Verdure

Curieux je suis, non pas de le sens de la définition malsaine que l'on donne trop souvent à ce mot. Dans la version insatiable de savoir, de connaître et surtout de comprendre mais plus encore de m'évader. Alors mon regard est différent peut-être un peu du vôtre, car si je suis parfois contemplatif, dans la durée d'un mouvement de travelling lent autour de moi, en regardant courir les affolés de la vie, mais finalement dans un ralenti intérieur. Je note, je décortique, je vois des détails qui vous échappent, je ferme les yeux et la suite défile.


Curieux ou chanceux, car quand vos yeux sont encore collés à votre téléphone mobile, à vos chaussures et suivent le vide de l'existence, à moins qu'ils ne décollent pas de vos jeunes enfants, par sécurité; Ainsi je vois des situations, des instants, des personnes au milieu des autres, je les ressens différemment, je les extrais de la foule, les exfiltre pour ne voir qu'eux, dans un décor absent.

Hier, assis sur un banc, évitant les crottes de pigeons, oubliant les cris des enfants, tournant le dos à la fumée des différentes cigarettes ou autres fumettes locales, je regardais la pelouse. Cette jeune femme, habillée d'un pull d'été gris, de belles lunettes, des cheveux tirés, une jupe courte, des escarpins noirs pleins de poussière blanche du chemin. Elle marchait, son sac, ses pensées ailleurs, un coup d'oeil vers le ciel. 




La pelouse, les oiseaux, le ciel bleu, quelques nuages, elle semblait s'échapper de son bureau. Son mobile, sa tablette, elle les a fourrés dans le fond de son bazar. Et dans un mouvement tout aussi décidé, elle a eu besoin de relâcher ses cheveux. Libres, dans le vent, ils volaient, se mélangeaient, lui chatouillaient le nez, fêtent leur liberté. Elle en a ri en s'asseyant là, dans l'herbe, seule, mais soudainement heureuse. Une étincelle de joie, toute personnelle, un lâcher-prise.

Était-ce le lieu ? le soleil ? une décision ? un dernier sms avant de couper ? le printemps ? cette journée presque en bonus ? Je ne sais pas, mais elle rayonnait, elle libérait ses pieds, nues ses jambes prenaient le soleil,  avides d'une teinte caramel en devenir, assise délicatement. Jupe grise, coupe originale, elle savourait cette nature.

Simplement



Mots & Emotions


jeudi 21 mai 2015

Liberté de compliments



Journée mitigée, le soleil ne joue pas avec la lune comme dans une chanson joyeuse, mais avec des nuages distants, des brumes surprenantes pour un mois de mai. Je patiente pour un rendez-vous, pour convaincre des clients moroses comme le business et la croissance de notre beau pays. La météo serait-elle aussi atteinte par cette contagion ?


Et elles passent, oui deux jambes, une ravissante paire de gambettes dans un gris opaque foncé, des talons en-dessous, une jupe corolle au-dessus. Un rayon de soleil les suivant de près. Impossible, je dois rêver, m'être endormi sur la chaise de cette terrasse, de ce café. Tout est là, un sac glamour et moderne, un petit haut fausse fourrure un peu tendance. Un rayon de beauté, un de ceux qui parle à mon bonheur version mode. Elles s'arrêtent. Je fais une pause sur elles.




Mon heure arrive, un bip de mon téléphone, je paye, je me lève en ramassant mes affaires, je file. Elles sont toujours là, en attente, même le soleil a poussé les nuages malicieux, la lumière juste autour des talons. Je cherche ma direction, justement par là, vers elles. Je traverse, je passe, j'aperçois un visage, une écharpe, le courant d'air qui justifie pleinement cet accessoire. 

Ravissante. Ce mot reste en moi. Car dans notre belle société, vous savez celle où vous vivez, payez des impôts inégalitaires, subissant des lois étranges parfois, profitant de la réalité simplement les autres jours, il y a délit de liberté d'expression. Vous en connaissez les tyrans, les barbus châtiant les infidèles, les humoristes et les personnes libres dans un amalgame honteux. Les mêmes, qui inculquent à leurs générations, un héritage crétin (non ce n'est pas une religion !) de mâles en machistes, avec des valeurs viriles et nébuleusement primaires. Ceux-là même qui pense que les femmes sont des êtres humains de catégorie inférieure, mais bien utiles pour le ménage, la gestion des enfants, la cuisine et le lavage de leurs linges. Ces hommes de tous âges, jeunes, enfants, élèves, étudiants, adultes ou vieillards jettent des mots, des saloperies, des insultes, des blessures sur le corps des femmes, mais apparemment ne se lassent pas de les regarder, ou ne savent détourner les yeux ailleurs. Oui ce sont des êtres primaires, n'oublions pas ! Ceux-là toujours qui voyant une femme élégante, belle, jeune ou vieille, libre de sa mode, ceux-là donc qui ne pense qu'avec un cerveau à deux boules, et semblent avoir une sexualité, du moins une vision bestiale, animale (ah moins que ceux-ci ne soient paradoxalement de grands consommateurs de vidéos de cul). Paradoxe de pensées, plutôt de réflexes conditionnés, ils insultent les femmes. 
Surtout ils ne les respectent pas. Jamais.








Alors j'assume ma personne, je suis un homme, un mâle, un esthète, parfois probablement un voyeur car je ne baisse rarement les yeux. Machiste, pas du tout, sauf en présence de femmes qui pensent que tous les hommes sont pareils, face aux féministes camionneuses et obtuses, je peux devenir macho extrémiste, le temps d'une joute verbale. Féministe, oui, sensible à la féminité, très sensible à l'équité et à la liberté de vie et d'expression des femmes : OUI !

Je ralentis, elle est derrière moi, je me tourne, elle arrive à ma hauteur se dirigeant vers la même rue, même trottoir. J'ose, une folie dans notre monde actuel, un acte peut-être filmé par les trop nombreuses caméras de soit-disant sécurité. Une liberté cachée, presque un geste militant pour la féminité, j'ose totalement.

"Mademoiselle, je sais que c'est interdit, mais pas insultant, vous êtes ravissante ainsi. Votre tenue défit cette météo. Vos jambes sont magnifique, votre mode avec."

Dans un même tempo, elle freine, sourit, rit, s'illumine pleinement.

"Merci Monsieur, les compliments sont si rares, les insultes et sifflets trop souvent. Mais j'aime le printemps, je le défis avec ce rose (sa jupe pour info), même si je dois jongler entre le chaud de mon gilet, de mes collants. Je défends aussi ma liberté de femme, d'être moi, avec la mode que je veux. Bonne journée."


Oui quelle belle journée !



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