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lundi 29 juin 2015

Danser

Dernière semaine de travail, si toutefois il y avait une fin, juste un détour.

Dernière répétition avant le départ, l'envol vers l'étranger avec notre ballet au complet, notre spectacle, nos pas affûtés. Toute l'énergie est en nous, d'ailleurs tous ensemble nous formons tellement un tout indissociable que nous sommes restés à dormir sur place, à vivre en lieu clos, pour n'être qu'un. Des complicités loin des luttes des premiers jours, maintenant chacune à un rôle précis, des mouvements liés aux autres, et tant d'actes solo. Nous sommes un groupe, dans la chaleur des salles, dans le même épuisement, dans le même sursaut pour réussir, dans le même geste pour nous soutenir. 








Un tout, des pas de danses, les mêmes et pourtant tous différents pour atteindre et rester au niveau de l'exceptionnel, de la perfection au naturel. Ecole de souffrance, de douleurs, de doutes, tant physiques que moraux, je n'ai jamais baissé la tête, j'ai toujours voulu atteindre ce zénith, cette lumière en moi, volant au-dessus du parquet, ne sentant plus mon corps, mes pas, mes chaussons, juste en harmonie incroyable avec la musique, avec les autres. 

Un tourbillon, encore hier soir, encore aujourd'hui, demain devant un public, j'adore cet effort impossible, les limites toujours plus inatteignables, le final, les applaudissements. J'aime danser.



Ce matin, les vitres ouvertes, un peu d'air frais, la semaine sera longue, chaude, épuisante. Terriblement fascinante aussi.


Nylonement

mercredi 17 juin 2015

Mais où va-t-il chercher les images ?

Où ?

Ici et là, parfois encore un peu là, juste derrière. Au gré du hasard et plus encore avec une fidélité extrême avec la sérendipité de la toile. Je vois, je m'arrête, je grappille, je trouve quand je ne cherche pas. A l'inverse, je reste parfois sur ma faim, fidèle à des trésors cachés, entre les langues et les milliards de recoins du web. Mais usant de l'anglais, de l'américain, d'autres langues européennes parfois, de l'argot ou des expressions, je rebondis entre les caches, parfois avec quelques graines dorées, parfois des pépites réelles, et puis parfois des sources, des mines complètes. Alors je dévore, je m'engouffre pour prendre tout, pour trier ensuite, pour classer plus finement et ne garder ainsi que les meilleurs. 





Même si le choix d'une photo plutôt qu'une autre est aléatoire apparemment, il y a toujours un détail, parfois un recadrage de mon cerveau pour justifier de conserver une image, une série de photo, un modèle ou le style d'un photographe. Coup de coeur en premier !


Exigeant aussi sur la qualité sauf pour les pépites vintage.

Seule la curiosité amplifie le phénomène, la quête d'un nouveau graal, d'un nouveau mystère, d'une nouvelle modeuse, d'une nouvelle marque de lingerie, d'un article féministe bien écrit et argumenté, mes choix sont divers, les résultats aussi.
















Ainsi d'une photo parfois, un texte, un portrait de femme, une vision d'une facette de la féminité naît, les mots suivent.



Mots & Emotions
Nylonement




lundi 8 juin 2015

Pivoines


"Je n'ai pas d'imagination, 
juste des bons souvenirs que je ne cesse de créer."




Ouvrir la porte-fenêtre, regarder dehors, la verdure, le jardin, entendre le bruit des chants d'oiseaux, apercevoir mon ami l'écureuil ponctuel, chaque jour présent à la même heure. Marcher librement, après une nuit compliquée, un sommeil fracassé par les angoisses, un début de semaine sans trop d'espoir, un ordinateur ouvert, un téléphone allumé, un silence de messages en attendant un nouveau travail.


Heureusement le soleil chauffe ma peau, le parfum des pivoines s'envolent, m'enveloppe dans un tourbillon succulent de légèreté, de douceurs olfactives, de bonheurs évaporés. J'aime plus que tout, ce moment de l'année, cette force du souvenir, de mon adolescence, de mes doutes déjà forts, de mon pouvoir personnel, celui d'une jeunesse en ébullition, des questions souvent sans réponses face au monde des adultes, une conversation à sens unique. Déjà je voyais, je ressentais avec force certaines évidences, certains détours du bon sens, certaines impossibilités face à mon regard, face à leur façon définitive de me l'expliquer. Un décalage, peut-être, un moment de recueillement, un banc, de l'attente, un train dans une gare, plutôt une station vide, une ligne quasi déserte, et déjà ce soleil de printemps. Les parfums, des fleurs, une allée de pivoines d'un ex-chef de gare parti depuis que les volets étaient restés clos définitivement. Elles embaumaient ce lieu triste, du macadam usé, du béton fissuré, des abords sales et gris, rien, sauf ces rayons chauds, ce vent léger, les rails et les parfums autour de moi. Je me gonflais de ce tout, de ce vide, de mon attente, de ce train en retard, pour aller au lycée, pour voir les copains, une copine, les profs. Juin, ce début de mois où l'on attend justement plus rien, les jeux étant faits, les choix aussi, l'année prochaine, les vacances, le silence et ce paradoxe. Elle, lui dire que je l'aime avant qu'elle ne parte sur les plages, je ne sais où, mais aussi ne rien lui dire, rester là sous le soleil, dans mes rêves, avec mes mots. Répétés, inutiles, peu convaincants, et pourtant mon coeur battait à chaque fois plus fort, en la voyant, elle et ses baskets, sa jupe courte, ses cuisses, son pull d'été avec un col en V, ses cheveux légers, sa main d'un geste souple pour les pousser vers l'arrière, régulièrement comme un combat perdu, comme un signe d'élégance féminine, un détail si séducteur. 





Pourquoi je pense à elle ce matin, sur cette terrasse, ma vie a tant avancé depuis, des souvenirs, un vide, le même parfum, pas le sien, mais celui de ce lieu triste, où seul je pouvais refaire le monde, l'aimer, rougir de mes fantasmes, de mes lèvres innocentes et timides bredouiller encore une déclaration que je n'ai jamais osé faire. Je ferme les yeux, que le monde me semblait empli de doutes alors, aujourd'hui encore. D'autres raisons, d'autres douleurs, ce parfum sublime, entêtant.

Il ne manque qu'un banc.


Mots & Emotions