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jeudi 25 juin 2015

Pour elle !

Juste lui dire,
rappeler,
susurrer,
crier,
redire,
exprimer simplement,
l'embrasser pour traduire,
répéter,
écrire :


"Je t'aime"





Gentleman W
Nylonement

mardi 9 juin 2015

Oublier son nom

Pour mille raisons, j'aimerai tant oublier ce nom, celui qui fût le sien, puis le mien, du moins le nôtre quand nous nous aimions. Encore !

Quand tout ceci n'était que bonheur avec des sentiments, avec des enfants, des balades, une maison, des jours heureux et puis la fêlure de la routine, les habitudes du boulot, l'ennui et la fatigue, les causes devenant les conséquences, l'usure. Le vide, même si nous avons cru à un retour, à une possible autre opportunité d'être de nouveau un couple, mais lui, mais moi, mais tous les deux, nous n'y croyons plus déjà. Un autre homme, un collègue, lui et son boulot, même si je soupçonne une charmante collègue ou cliente d'avoir partager des séminaires, bref des infidélités dans un couple ou il n'y avait plus de lien. Le vide plus présent.





Nous nous sommes séparés, mais l'administration s'est acharné à me planter des aiguilles sur le corps, un tatouage involontaire, son nom, indélébile. Toujours ce nom, ici sur un compte en banque, ici sur des actes de propriété, des factures, des rattachements inodores quand tout va bien. Déjà cinq ans que je suis loin de lui, avec un tribunal minable qui fait traîner avec bonheur les divorces. Des frais et surtout des papiers, toujours plus de papiers, de justificatifs et toujours son nom. Comme une interdiction d'être moi-même et pourquoi une autre. Je suis bloqué dans le système, victime d'un complot nominatif, souhaitant non pas redevenir une jeune fille, mais appartenir à une neutralité agréable, celle de ma carte d'identité, de mon permis de conduire. D'ailleurs je ne suis qu'un prénom pour mes collègues, pour mes clientes, pour mes enfants. Et pour lui aussi !

Mon nouvel homme, mon compagnon, pas mon mari, d'ailleurs aurais-je envie de me remarier ? de prendre son nom à lui ? Est-ce vraiment une preuve d'amour ou de soumission naturelle à un machisme naturel hérité depuis des siècles ? Je veux rester un prénom et un nom machin, celui de ma famille et pour autant l'aimer ce monsieur truc. Que la vie semble plus simple sans ce détail, mais toujours agaçant quand il faut mettre à jour des papiers, pour des choses personnelles, qui ne concerne que moi en propre, et le dessous de l'iceberg qui resurgit. Avec toujours cette question sur mon statut de femme mariée, divorcée ... mais qu'est ce que cela peut leur faire, je suis amoureuse, c'est tout, juste une femme amoureuse.

Vivement que ses bras m'entourent, ses mots, mon prénom. Lui et moi.



Nylonement
Mots & Emotions




mercredi 3 juin 2015

Vieillir avec toi


Les voir avec leurs portables, leurs extensions artificielles de leurs corps, noyés dans des informations probablement utiles, entre deux applications inutiles, je me demande si c'est l'âge ou juste une déconnexion volontaire de mon humanité naturelle qui refuse cette futilité moderne.


Pourtant je ne suis pas non plus une militante bio habillée avec des sandales cousues main, une robe en laine bio, prônant le monde meilleur en revenant dans la passé illusoire, ni envisageant même le retour à l'époque pré-historique, entre graines et viandes rares. Je ne suis pas passéiste, juste une jeune femme actuelle mais refusant la modernité pour son manque de transparence, pour couper volontairement ce fil à la patte, pour vivre sans applications, et savoir encore parler et même écrire sur du papier avec de vrais humains en contact avec moi. Je téléphone mais je ne fais pas de selfie, pure invention inutile de la flatterie auto-proclamée, partage encombrant de la vie personnelle, de l'intimité et de nourritures diverses. Peut-être un complot ;-) discret des chefs du monde entier sur notre art de vivre, sur notre besoin de montrer ce qui nous nourrit.


Certes je profites de la fonction sms à volonté, je partage  des milliers de bisous virtuels avec lui, pour rester en contact, pour le savoir avec un sourire, pour lui dire encore et toujours que je l'aime. J'en reçois aussi, des petites phrases, quelques belles déclarations, des invitations et puis aussi des surprises, sa fantaisie à lui.

Depuis des années, nous vivons ensemble, sans jamais nous lasser, toujours fusionnels, toujours passionnés, bloqués sur le mode séduction. Oui, j'ai envie de vieillir avec lui, simplement, naturellement, sans artifices, bien dans notre époque.

Dans ses bras !



MOTS & EMOTIONS

dimanche 31 mai 2015

Bonheur du dimanche

Alors que je serai sur le golf, seule dans une foule de joueurs et joueuses, concentrée sur une petite balle facétieuse certains jours, je penserai à elle, ma mère. Un dimanche comme un autre, un dimanche de fête des mères, un dimanche au goût de nostalgie.






Toi, car je peux te tutoyer même si longtemps tu a affirmé ton rôle avec une réelle présence, une profonde distance et en compensation un amour moelleux entre tes bras. Tu savais,  du moins comme tous les parents tu tentais de porter le rôle de l'éducation infaillible, du parent qui donne l'exemple, qui guide sur le chemin de la vie, du parent qui connais les bonnes et les mauvaises choses de cette route nouvelle devant moi. Stricte d'une main, fragile et épouse rayonnante, toujours féminine avec une simplicité due à notre aisance financière très relative, plutôt modeste, tu savais t'habiller de peu, être celle dont on regardait le ruban dans les cheveux, les chaussures bien choisies, les robes corolles taillées et cousues à la main, tombant impeccablement. Et puis tu donnais ton coeur, à tes enfants dont moi. J'aimais prendre ce temps, partager avec toi des heures dans la cuisine pour apprendre à faire des choux à la crème, voir ton sourire anodin à l'époque quand je pouvais goûter, mettre mon doigt dans la crème, ce sourire inoubliable maintenant. J'aimais être trop petite, juchée sur un tabouret pour essayer de battre des blancs en neige, ou ma première mayonnaise. Ma première fois que l'on mangeait tous ensemble autour de la table du dimanche, des oeufs mimosas, et que la magie de la cuisine avait fait de moi, la star relative d'un instant, le jaune d'or se mêlant avec les jaunes écrasés. Les feuilles de salade verte du jardin de mon père, les demies coquilles de blanc d'oeuf, la fameuse mayonnaise, le jaune, les fourchettes, les bouches, les sourires. Aujourd'hui encore en croquant dans ce simple plat, je revois toute la famille, toi, moi, ma fierté, mon bonheur.

Et puis j'aimais tant ta voix douce, le soir, pour lire des histoires, pour m'aider dans mes devoirs, pour me parler en rentrant de l'école, pour me dire que j'allais un jour devenir femme, peut-être mère. Aujourd'hui, je pense à cela, pendant que d'autres calculent leurs coups sur le parcours, que d'autres se montrent leurs grosses montures, se mesurent d'importance en caressant des carrosseries métalliques symboles de leurs réussite ou de leur pouvoir. Des gosses en version adultes, avec des réflexes primaires. Je pense à toi car contrairement à tes autres enfants, mes frères et soeurs, je ne suis pas devenue maman. Juste profondément femme, active et brillante avocate, reconnue pour son éloquence, parfois son élégance aussi, sobre mais féminine, redoutée pour ses attaques, ses leviers qui déplacent tout l'échiquier de mon côté en quelques coups, je suis un peu de toi.








Heureuse oui, libre oui, sans enfants oui et non, j'ai vécu, beaucoup travaillé, oublié le temps de la séduction après une histoire trop forte avec un homme, finie par son infidélité. J'ai douté, pris mon travail comme premier compagnon, laissant les années filer. Le jour où mon prince charmant est venu, tu riais de cette expression, car le tien, mon père, était rustique, sans cheval blanc, mais profondément aimant. Donc le jour où le hasard me l'a mis devant les yeux, je l'aimé quasi immédiatement, j'ai pris avec moi ses deux enfants, ses deux filles, je suis devenue belle-mère, mais cela n'a plus d'importance. Car je suis femme et aimée autant qu'amoureuse de cet homme. D'ailleurs il arrive, nous allons jouer ensemble. Pas de fête de famille aujourd'hui, un jour comme un autre, presque, je laisse mes pensées s'envoler vers toi, partie depuis quelques années. La symbolique du jour m'échappe un peu, car je crois fermement, à la liberté affirmée des femme, à une vie souriante, comme dans tes yeux. Je les vois encore. Toujours apaisant.







Mots & Emotions


vendredi 29 mai 2015

Douceur & Brillance



"Chéri, ce soir, c'est latex !" c'est avec un simple sms que je lui ai tout annoncé.

Dubitatif, il a dû rester devant ces mots, captés entre deux phrases d'une réunion, ou en tapant un rapport sur la croissance économique, bref en plein boulot. Une subite envie de préservatifs, des champignons suspects ou une quelconque démangeaison gracieuse qui fait que l'on porte sa main sans pouvoir se retenir entre ses jambes, non rien de tout cela.

Mais ce soir, j'ai envie de latex, cette matière si tendance que les podiums exhibent sous toutes les formes, en robe, en jupe, en body, en trench déstructuré, en lingerie même. Une curiosité dans un monde où tout évolue si vite, où l'on peut avoir peur de rater la dernière variante, la dernière innovation, le bonheur absolu mais très bref qui nous fera briller dans des discussions elles aussi très brèves. Je veux être in, devancer même la tendance car si les sites classiques de vêtements ou de lingerie, ne proposent pas de réelles déclinaison, j'ai trouvé en quelques clics mon bonheur.

Une version moderne des dessous chics !









Folie me direz-vous au-delà de la curiosité ? Peut-être mais est-il raisonnable de porter des chaussettes dans des escarpins ? d'oser des mi-bas pour valider la couleur trendy d'une jupe coupée de travers ? d'avoir porter des uggs moutonnés et chaudes , et surtout moches ? d'oser les spartiates alors qu'aucun mannequin de magazines n'a encore réussi à les chausser avec élégance et splendeur ?

J'ai envie.

D'ailleurs si l'aspect sulfureux de la matière souvent inconnue de beaucoup de gens, il est souvent lié à des préjugés sans aucun avis réel et direct, des rumeurs ou des lectures avec des stéréotypes tout faits. Certes auriez-vous été tendance en lisant les romans mum-porns, ou totalement perverse si vous l'aviez fait avant le grand coup marketing en trois tomes ? Comment juger sans savoir !

Alors j'hésite, j'essaye, j'écoute les conseils de la vendeuse, certes habillée en robe latex, tatouée, piercée, maquillée un brin gothique, mais avec une voix sublime et des propos justes en réponse à mes interrogations. La matière ? les tailles ? quel modèle pour débuter ? soutien-gorge et culotte ? string ? bas ? comment les enfiler ? les entretenir ? les stocker ?

Je suis étonnée de la variété des collections, encore plus par la douceur extrême de cette matière sous les doigts. Plus encore sur ma peau, c'est enveloppant, autant seconde peau d'une paire de bas nylon, soyeux, gommant les rondeurs, affirmant mes formes, marquant mes atouts voluptueux. Je suis conquise, sauf par le prix, mais une folie moderne n'a pas de prix, et puis c'est quand même plus sensuel qu'un i-machin, même avec un million d'applications inutiles. Je me sens bien dedans, et j'anticipe que mon homme va avoir les yeux dans une autre dimension.

Sourire, achats, sms. 

Vivement ce soir !


Mots & Emotions





mercredi 20 mai 2015

Epanouie

Libre, seule mais sereine, presque du moins, le temps de la digestion.

C'est ici que j'avais rencontré mon prince charmeur, dans ce riad marocain, durant un séminaire pour entreprises, des consultants, des spécialistes, des experts, des commerciaux, du gratin dans mon secteur. Des journées boulot le matin, détente, golf, piscine et autres balades l'après-midi, des soirées un peu folles, des repas fabuleux dans la fraîcheur nocturne du jardin immense, des coins et des recoins. On avait dansé tard, le deuxième soir surtout, les plus gros messages étant passé, la centaine de personnes se lâchait, discussions professionnelles au début puis plus de liberté. Des couples car la société qui invitait ne négligeait personne, ni les cadeaux, ni les billets gratuits, pour "le travail" et pour le fun, mais avec l'objectif de vendre nos produits ensuite. Juste les nôtres.



J'étais alors célibataire, libre de profiter de ce lieu magique, de ce pays formidable, des activités touristiques ou sportives. Des groupes, des affinités, des couples plus seuls, la barrière de l'anglais ou l'envie de profiter à deux. Plusieurs riads reliés pour des dizaines de chambres, du personnel discret, du thé à la menthe, et ce jour-là lui, le beau mâle, le commercial sur de lui, conquérant, un peu trop sûr de lui. Il avait essayé, sans trop cacher son jeu, envisageant vite un duo avec moi, plus que professionnel, le grand coup du dragueur. Avec le soleil, l'ambiance aussi, j'avais fini par en rire de ses avances, de ses compliments sur mes robes, sur mes chaussures, sur mon élégance, et puis j'avais craqué. Ses bras, son odeur, la chaleur, le thé, les fleurs du jardin, un parfum d'ailleurs et puis pourquoi pas.

Voilà deux ans que c'était comme cela, car nous avions des réunions régulières, des séminaires et autres colloques, chacun volontaire de notre côté, nos vies autrement, le boulot comme trait d'union et de galipettes joyeuses. Un bonheur fort ! Avec quelques virgules, sans trop s'encombrer, sans trop s'envahir, j'avais compris qu'il était marié, et moi,, je voulais, qu'est-ce que je voulais vraiment ? J'étais bien avec ce presque gentleman quand il lâchait son portable et sa famille lointaine. Nous étions heureux, complices, charnellement très jouisseurs du corps de l'autre. Des sex-friends, peut-être un peu plus, mais pas trop obligé par l'autre, cela chagrinait ma meilleure amie, elle ne voyait pas dans quelle case le mettre.


Je n'y jamais réfléchi, même quand mes soeurs ont annoncé mariage, bébé et maison, tout cela ce n'était pas pour moi. Mon appartement me suffisait, ma liberté et mes amis aussi. Le lit certes froid certains soirs, pas toujours non plus, n'en déplaise à ce monsieur. Je vivais comme une trentenaire libre de son corps, de sa vie, de sa profession, de son salaire et de toutes ses décisions. Libre.







Libre encore plus aujourd'hui, car finalement cet homme devenait jaloux de tout cela, mais se cachait derrière sa femme enceinte du second enfant, sur les projets, sur un impossible divorce que je ne lui demandais pas. Un mâle régnant, croyant annexé mon fief, mon chez-moi en plus du sien. 
Non. voilà ma réponse quand il a demandé pour le prochain colloque. 

Et puis l'organisateur étant un collègue, j'ai fait envoyé une invitation "Mr et Mme ..." chez lui, avec une lettre "comme la dernière année, nous pourrons vous réserver une chambre double pour votre venue...". Etrangement, lui aussi a été obligé de dire "non" 

J'aime le soleil sur mes épaules, le goût si sucré du thé à la menthe, très chaud, les parfums du jardin.



Mots & Emotions

mardi 19 mai 2015

Soleil d'amour

Soleil sur le lycée, envie de penser à tous les week-ends de l'année, à toutes les sorties, à toutes les fêtes et surtout à ce bonheur avec mon amoureux. Un hasard, une soirée prévue pour être pourrie, pour accompagner une copine, de la musique trop forte, j'aime pas çà. 

Et puis là dehors, sur le perron, malgré le froid, un groupe de fumeurs, et lui perdu dans son téléphone, pas pour jouer mais pour occuper son temps. Deux mots, en même temps, le côté instable à 360°, deux timides ou du moins deux êtres inconnus l'un pour l'autre cherchant le premier mot juste. La soirée a filé ensuite trop courte, le bonheur de parler avec lui. Et pourtant son look, le mien, le lieu, les copains, rien n'était parfait.

Six mois de sentiments, je ne dirai pas d'amour, je prends encore ce recul. Des longues discussions, des changements de tenue, je suis passé de jean collé à ma peau, à des jupes, des tops, des tee-shirts plus féminins, lui a redressé sa coiffure improbable. Un baiser en partant d'une soirée, la main dans la main parfois en se retrouvant au café, et puis les casse-pieds, les jalouses, les cons, les beaufs, le monde normal m'a dit ma mère.







Nous avons fait une sortie de quatre jours, nos classes ensemble, deux jours de rêve de bisous, de balades, de discrétion vis-à-vis des profs, d'envie de plus. Oui j'ai compris ce que mon corps, ce que mon coeur, ce que mes parents m'avaient expliqué il y a si longtemps. Faire l'amour. Juste des pensées, mais une profonde envie. Juste traduite par une paire d'escarpins achetée en cachette, une jupe plus courte, un ensemble si féminin pour la soirée de gala de ce voyage. 

Il a aimé, on ne s'est plus lâché depuis.

Je l'aime, il m'aime. Mes parents l'ont vu passé un soir, mes frères et soeurs ont jasé, bref le bonheur de la famille. Les commentaires, les rires et autres sourires. Finalement des conseils et puis un recul assez étrange, comme si tout cela était normal. Moi la grande, l'ainée, je testais la vie, l'amour, la rencontre de l'autre. 





Là, j'hésite, des soldes, une robe rouge, elle me va si bien, mais cela fait too much quand même me dit ma meilleure amie. Je vais attendre, mais je redoute l'été, les vacances, les distances, l'oubli. Je vais vivre l'instant présent mais il va bientôt se finir, mi-juin ce sera vacances.


Mots & Emotions





lundi 18 mai 2015

Pause

Lundi, repos, pas de pont ni de rtt à profusion dans mon métier, plutôt du boulot, encore et toujours et cela malgré les trop nombreuses absences des fonctionnaires qui récupèrent les heures dormies au-delà de leurs rituels de 35h. Un pays, une société, un système à deux vitesses, des inégalités à sens unique.

Alors aujourd'hui, je me suis offert une pause, un début de semaine au ralenti, une longue nuit dans ses bras, un réveil tardif, sans lui, parti au travail, un agenda indéfini, pas de téléphone boulot, une bulle juste pour moi.

J'ai pris de temps de me doucher longuement, d'essayer les crèmes miracles ou simplement si doucement parfumées que je stocke sans prendre le temps de les étaler soigneusement pour nourrir ma peau, lui donner du soyeux, du bonheur et cela avec mon parfum. Grand soleil dehors, j'aère les pièces, je regarde la terrasse, les fleurs vont bientôt percer leurs boutons, les arbres du parc en face sont verts, l'air est frais, agréable.

Le temps aussi de regarder mon dressing, un peu de rangement, un peu de classement, pour enfin remettre les doudounes et autres pulls en haut , et sortir des couleurs d'été, des jupes, des tailleurs, des tops plus légers, des matières fluides qui coulent entre les doigts.




Voilà si longtemps que je n'ai pas pris ce temps, pour bosser, beaucoup bosser, pour moi, pour mon cabinet, mes associés et moi-même, pour les clients, pour s'assurer un beau train de vie, mais finalement, si peu de voyages, trop de fatigue, si peu de restaurants, trop de dossiers, si peu de balades shoppings, pas de temps du tout. Je ressors des affaires achetées à la hâte un jour de soldes, en attendant un rendez-vous, un sac presque oublié, une jupe rose, belle idée, ce sera parfait pour égayer mes prochaines semaines. Des chaussures, je mets souvent les mêmes, et pourtant je ne manque ni d'escarpins, ni de ballerines, ni de modèles intermédiaires. Des bottines neuves, jamais mises, juste posées là. Je les essaye, je marche dans l'appartement, je suis bien, un peu sur la terrasse, la main frotte les épices, les herbes. Des parfums nature, moi, la mode, le printemps.


Je suis tranquille, j'ai pris le temps de classer et de lire enfin des livres offerts à Noël dernier, des romans, des espaces de liberté pour m'évader. J'en ai tant besoin, je profite. Du thé, du thé fumé surtout, des chocolats noirs, ceux que nous aimons tant tous les deux.

Lui, quelques sms, des réunions, il m'envoie sa bonne humeur, son envie de rentrer plus tôt.

Belle idée.

Et si justement, nous prenions du temps pour nous, pour ne plus succomber à la fatigue, ni aux câlins rapides avant de repartir vers un dossier sur l'ordinateur. Si nous prenions le temps de nous poser dans les pièces de ce bel appartement, surtout entre table de salon devenu bureau commun, chambre pour les épuisés que nous sommes. Respirer, prendre une grande goulée d'air, expirer doucement, couper les téléphones.

Une commode, une dressing fait sur-mesure pour moi, des tiroirs agencés pour mes très nombreux ensembles de lingerie, mon plaisir à fleur de peau, je fouine, je ressors des ensembles plus séduction, des jarretelles, des serre-tailles, des nuisettes, des bas nylon. Et si je le surprenais ce soir, en l'attendant ainsi. En le capturant dans mes fils de soie, en le bloquant contre moi, juste une fine dentelle entre nous.

Vivement la fin d'après-midi, juste assez de temps pour ressortir des ensembles luxueux oubliés, juste le temps de penser de plus en plus fort à lui. Prendre du temps pour nous.






Mots & Emotions


jeudi 14 mai 2015

Sombrer dans la nuit

Petit matin, heures indéfinies. Dormir, enfin m'écrouler, après la fête d'hier, trouver un coin et sombrer.

Ah les études, les heures de travail accumulées à l'agenda des cours, des TP et puis surtout les transports. Une pensée à notre société qui a voulu des diplômés, en oubliant de construire des universités modernes avec des chambres à côté, surtout à un prix raisonnable. Alors hier après-midi j'ai bossé dans un magasin, un nième boulot, de vendeuse, précaire, au gré des envie de patrons exploiteurs. Ils n'ont qu'à tendre la main, elles sont dix, vingt cinquante à attendre ma place. Parfois il mate mon derrière, je le sais, nous le savons toutes ici, surtout depuis qu'il a imposé une tenue "plus marketing, plus accrocheuse" à chacune de nous. Tee-shirt blanc, moulant, une taille en dessous, demandez à Clara avec son bonnet D, elle frise l'explosion. Une jupette noire courte, vraiment mini-jupe, un collant opaque noir que nous avons demandé car il devenait impossible de se pencher. On dirait des hôtesses au salon de l'automobile. Bref, j'ai bossé, j'ai vendu des fringues, rangé le stock, réceptionné des cartons, poussé le tout au fond du magasin, souri à des clientes polies et aussi impolies, nettoyé, compté, recompté. Vannée mais ensuite je suis rentrée dans mon petit appart, un studio exactement. Un truc avec quatre murs précisément, un lit, une table de travail, pas vraiment pour manger, un coin évier-cuisine, une douche et un lavabo, des toilettes, une surface géante dont je ne veux pas savoir les dimensions, je connais le prix du loyer. J'ai bossé tard, passant quelques coups de fil à mes amies, m'épuisant sur des devoirs, des préparations de droit fiscal, mon avenir.





Aujourd'hui, j'ai filé en jean et chemise colorée aux différents cours, et après ? Un retour rapide à mon petit chez-moi, une balade dans le frigo vide, une salade et une soupe, un bout de fromage, juste le temps de prendre une douche, une ponctuation de fin de semaine avant l'heure avec le pont. Un jour de repos, non deux, enfin quatre avec le week-end car la patron ferme la boutique. Pas payée mais libre. Du temps, ce qui me manque le plus.


J'ai profité sous la douche, comme une renaissance, un long moment de bien-être, avec un lait d'avoine léger sur ma peau, doux tant dans sa texture qu'avec son parfum. Je connaissais mon occupation du soir, une sortie entre filles, toutes célibataires ou presque, sans aucun mâle, notre rituel de papotages, de ragots aussi, de bonnes affaires et de mode, de détente assurée. Toutes dans la même tranche d'âge, des études en cours ou un premier boulot, la confusion parfois dans nos têtes entre la société vendue par nos politiques et la réalité amère du marché du travail. Mais ce soir on oublie cela, on positive, on rit, on sourit, on réconforte parfois, on se marre, on rigole parfois même dans sa première acception. Ce soir, petit resto dans un coin du Marais, notre bande. J'enfile de jolis dessous liberty jaune, une folie pleine de couleurs, un bonheur d'été, tout cela sous une robe jaune dégotée dans la boutique de mon labeur. Un coton léger, un jaune vif, banane, une petite noeud noir à la ceinture, plutôt d'ailleurs sous la poitrine, comme pour marquer un effet taille haute. Je l'adore. Des bas plumetis, des talons, ceux que je ne sors jamais, ni pour les études, ni pour les transports, ni pour le job.





Je me sens femme, je me sens bien. En riant, je verrai bien les bras de mon amoureux autour de moi. Encore faudrait-il que j'en trouve un, juste à caler dans mes horaires de la semaine, pas trop encombrant, mais juste réconfortant, pas trop collant, mais bien présent quand je le veux, quand j'en ai besoin.

Ce soir, je suis épuisée, on a dansé, chanté, parlé, crié. Une soirée par hasard, une autre bande dans le même resto, on les a suivi pour finir dans un loft géant, de la musique, des gens sympa, des jeux de lumière toute la nuit. Des canapés, des mezzanines pour boire, parler encore malgré le bruit, rencontrer des nouvelles têtes. J'ai bu un peu trop probablement, plus la fatigue. Des souvenirs oui des remarques et des compliments sur ma robe, des sourires, un regard aussi, plus fort d'un beau mâle, jusqu'au retour de sa blonde aux yeux énervés. Un grand rire, du bon son ainsi qu'un coup de fatigue. Là maintenant, je suis lové dans un coin, entre deux fauteuils, je me suis écroulé. Je dors.






Mots & Emotions

lundi 11 mai 2015

Matin de printemps

Chaleur, délicats instants du matin, la fenêtre ouverte, le bruit de la ville qui se réveille aussi, des voitures, des livraisons et quelques passants. 

Mon balcon, les volets à peine ouverts, les fleurs encore endormies, le printemps arrive enfin, la verdure aussi, les couleurs s'ajoutent au vert. Je savoure ces moments calmes, avant le rush des réunions, des rapports, des créations et du sempiternel leitmotiv financier, plus souvent frein que tremplin.





Des emails, des écrans, des idées, des mots, des dossiers, des contrats, mais où serons-nous en fin de semaine, en fin de mois, de trimestre, plus souvent concentrés sur le court terme, sur les chiffres d'analyse et les autres réunions pour en parler que sur les actions réelles à mener, pour essayer, pour tenter, pour réussir, pour viser d'autres horizons et donc toucher de nouvelles clientes. Voilà déjà devant ma tasse, je suis partie dans mon boulot. Heureusement le week-end fût plus long, le plaisir de la détente aussi. Un spa, une heure de bien-être papouillage et bichonnage, je suis ressortie toute fraîche. 

Penser mais à autre chose, à moi, à ma vie, à mon amour, à mes filles, dans quel ordre d'ailleurs, je m'en fous. Penser à eux, à ce tout qui forme une famille recomposée avec moi. Je suis bien, une tartine, un post-it collé sur l'écran, des mots, des liens toujours présents.


Maintenant douche, séchage, brossage, maquillage, une touche de vernis sur les ongles, pour moi, pour lui car il apprécie tant le détail. Un bel ensemble, même si il ne le verra pas, pas de voile sur les jambes, il fera chaud aujourd'hui. Une robe, légère, de printemps presque d'été si la météo est juste. Du bonheur en coton, bleue ou noire, ou non nude. Éternel dilemme, j'hésite, je cherche ce que je ne trouve pas, j'essaye, je retire, je reste là devant mon miroir, me regardant, ne voyant que les défauts alors que lui ne voit que les courbes et ma féminité. Je souris. Une robe, oui celle-là. Des paillettes, et pourquoi pas, la vie peut être plus magique, plus pétillante avec ce soleil. J'ose !







Des ballerines pour la route, des talons au bureau, dans mon sac pour l'instant. 

Je suis bien, deux sms sont arrivés. C'est lui. Loin, en déplacement, amoureux, comme moi.



Mots & Emotions