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mercredi 24 juin 2015

Sable fin

Contempler le soleil, son effet magique sur la nature, sur la fin de journée, ce coucher délicat du rond solaire sur l'horizon marin, depuis la terrasse, jamais je ne me lasse de cet instant-là. Seule sur le plancher en bois, les pieds nus, avec juste le minimum de coton blanc léger, je savoure les derniers rayons, le soleil chaud qui a embrassé ma peau toute la journée. 

Un regard perdu au loin, je pense à nos derniers jours, les dernières heures, dans le lit, la porte-fenêtre ouverte, le vent sur nos corps enlacés, l'un dans l'autre, charnellement en fusion. J'adore faire l'amour avec cet homme, avec cet amant car c'est bien là son statut. Croisé par hasard, une réunion de travail, un coup d'oeil, un projet tardif, un dossier long, trop long et après quelques jours une proximité. Juste après le point final, l'envoi au client de notre réponse, nous avons bu un verre, dîner ensemble pour marquer cette étape et nous avons écrit la suivante, hors contrat.





Bientôt six mois, de longues semaines sans vraiment se voir, des projets ici et là, géographiquement éloignés, mais toujours le même plaisir à nous rencontrer, sans restaurant, juste un hôtel, une chambre d'hôte, une balade, un lieu éloigné pour s'embrasser, parfois et souvent s'embraser. 

Je suis célibataire, il comble mes envies, mes pulsions, mon bonheur que mon corps demande, même si ma vie ne semble vouloir s'alourdir d'un mâle à plein temps. Une distraction, un corps à ma disposition, le mien aussi pour lui, une harmonie sans sentiments. Ma soeur, curieuse de tempérament ne comprend pas ce modèle, elle, mariée, mère d'une petite fille, enceinte du futur garçon, bien dans le moule d'une vie de routines, elle n'a pas compris mon choix, mais c'est le mien.

Des week-ends, des soirées, des RTT à évacuer de mon stock de workholic, je me détends avec son corps, avec nos galipettes. Je revis après chacun de ses départs, je me repose alors de nos folies, rangeant mes dessous oubliés ici et là sur le parquet, mes escarpins perdus dans l'entrée. Comme dans un film, comme dans un rêve voire un fantasme pour certains, nous nous aimons pour cela, uniquement pour satisfaire nos envies. 










"Mais il y a bien des moments sans sexe, vous vous parlez de quoi ?" la fameuse question de ma soeur. Nous dissertons sur la vie, parfois la sienne, parfois la mienne, nos boulots, nos vacances, nos prochains possibles points de chutes. Ensemble nous flânons, de boutique de mode vers les boutiques de lingerie, une consommation démultipliée, un plaisir personnel aussi. Des chaussures aussi, des moments de charme mais toujours sans sentiments, il devient alors un ami, même si son regard sur la nuisette de soie, sur la longueur de ma jupe, porte en lui déjà les prémices de nos glissades. Robe légère, dans le vent chaud du soir, je ris de tout cela car je ne souhaite pas réellement de réponses, de frontières définitives, et puis j'assume ne pas l'aimer, mais avoir fortement envie de revenir ici. Pour refaire encore l'amour le soir, sur ce canapé souple sur la terrasse, dans la nuit, avec le bruit du ressac sur le sable fin.



Nylonement



jeudi 18 juin 2015

Blog et blogueuses mode


Blogueuse, modeuse, fan de mode, fan de mots, j'ai lu et entendu tant de choses sur le statut des blogs mais surtout sur ceux et celles qui les crée, les nourrissent de leur créativité. Nombreux et diffus dans la qualité, dans le type de contenu, avec ou sans ligne éditoriale, parfois très présents, parfois anecdotiquement réguliers, les blogs sont un nouveau média, une source de contenu nouveau. Multiples devrais-je dire, car ici la liberté est bien personnelle ou celle d'une petite équipe, mais le professionnalisme n'étant pas le premier objectif, la publicité n'étant pas uniquement le seul vecteur de pensée, les choix de publications sont plus ouverts.

Certes certaines se laissent guider par des marques, servant de faire valoir ou de porte-manteau à celles-ci, mais les photos illustrent cette vision du fait-maison, des idées en vrac déversées dans des mots et quelques fautes au passage, sans réel cohérence, juste une envie, un article, des lectrices. Il y a aussi tant de beaux contenus, des réels envolées lyriques, des partages souriants, de la créativité et du bonheur.

Ah le blog, vaste sujet de controverses car ils étaient nouveaux, parfois arrogants, surtout indisciplinés, sans frontières, avec des avis sur tout, et puis le temps à laisser filer les leaders, les blogueuses mode devenues professionnelles, avec des équipes de presse derrière, un graphiste, du contenu ciblé, de la publicité, moins de liberté. Certes la foule, les millions de blogs nés, morts-nés ou dilués avec le temps, elle a vu s'étirer sa substance, avec devant donc des leaders, mais aussi des blogueurs plus organisés, plus fidèles à leurs envies et à leur public, et puis derrière des articles oubliés, des noms de domaine devenus souvenirs.








Pourquoi avoir un blog aujourd'hui, sur la mode, sujet par essence très volatile, très variable suivant les saisons ? Pour le plaisir de partager, pour ce bonheur simple et réel de poser devant un photographe, une copine, un amoureux, de montrer des trouvailles, des sacs, des jupes, des escarpins, des lunettes, du maquillages, des robes, des tops et autres accessoires. Un plaisir de se montrer sans être exhibitionniste (dans le sens péjoratif et restrictif du terme), de partager avec des commentaires de lectrices, dans un univers 2.0 où l'interactivité est un rituel. On aime, on aime pas, on commente, on donne son point de vue, on partage, on relit ou on ne lit rien du tout, on regarde, on consomme, on jette.

Le blog reste un lieu, une source, des sources de bonheur où le visiteur passe par habitude, par hasard, mais se fond dans un univers moins formaté, le vôtre, le sien, le mien. La liberté d'expression de la mode.




Nylonement


mercredi 17 juin 2015

Mais où va-t-il chercher les images ?

Où ?

Ici et là, parfois encore un peu là, juste derrière. Au gré du hasard et plus encore avec une fidélité extrême avec la sérendipité de la toile. Je vois, je m'arrête, je grappille, je trouve quand je ne cherche pas. A l'inverse, je reste parfois sur ma faim, fidèle à des trésors cachés, entre les langues et les milliards de recoins du web. Mais usant de l'anglais, de l'américain, d'autres langues européennes parfois, de l'argot ou des expressions, je rebondis entre les caches, parfois avec quelques graines dorées, parfois des pépites réelles, et puis parfois des sources, des mines complètes. Alors je dévore, je m'engouffre pour prendre tout, pour trier ensuite, pour classer plus finement et ne garder ainsi que les meilleurs. 





Même si le choix d'une photo plutôt qu'une autre est aléatoire apparemment, il y a toujours un détail, parfois un recadrage de mon cerveau pour justifier de conserver une image, une série de photo, un modèle ou le style d'un photographe. Coup de coeur en premier !


Exigeant aussi sur la qualité sauf pour les pépites vintage.

Seule la curiosité amplifie le phénomène, la quête d'un nouveau graal, d'un nouveau mystère, d'une nouvelle modeuse, d'une nouvelle marque de lingerie, d'un article féministe bien écrit et argumenté, mes choix sont divers, les résultats aussi.
















Ainsi d'une photo parfois, un texte, un portrait de femme, une vision d'une facette de la féminité naît, les mots suivent.



Mots & Emotions
Nylonement




lundi 15 juin 2015

Ma nouvelle Amy

Un café, un nouveau lieu pour travailler, un coin tranquille, un quartier morne sans être triste, un bout de trottoir, un peu de fraîcheur sous les platanes de l'avenue, un menu, je suis en avance. Exprès pour éviter la cohue, pour éviter la foule et les impolis de tous poils, je déjeune plus tôt, comme une exception touristique, une autre table aussi proche de moi, deux personnes traduisant avec leurs téléphones les plats.







Et puis j'aime prendre les repères pour une mission de quelques mois, sentir les rues environnantes avant de m'enfermer durant des heures devant un clavier, une machine, des écrans. Soupe froide, légumes grillées dont j'hume le parfum en terrasse, j'hésite. Elle, non pas une serveuse mais elle, réincarnée, non pas copiée mais présente. Amy, la serveuse du lieu, une version dark de l'habituelle et dévouée passeuse de plats, elle aide les voisines dans un anglais impeccable, un naturel étourdissant et j'en oublie ma carte.


Baskets noires avec des noeuds de dentelles, des pics de métal, un collant noir et graphique malgré la saison, des jambes merveilleuses, une jupe crayon entre vinyl et jersey, une coupe originale, un chemisier blanc, eh bien non, elle sert en noir intégral. Version gothique, dentelles, voile noir, doublure noire et ainsi une élégance bien à elle, un serre-taille corseté à la taille. Surtout avec sa coiffure et ses yeux. Deux détails, deux fulgurances de sa féminité, de son allure, elle rayonne avec deux traits parfaits d'eye-liner à chaque coin de ses yeux noirs, des cheveux en version roulé-rétro, une star est là. J'observe tant que je déguste cette personne que l'on pousserait hors de nos normes, de nos frontières dans des cases noires et blanches du costume de serveuse parfaite, une personne différente et étonnement normale. Efficace, même face à mon blanc, mon silence, perdu dans mes pensées, ma carte effacée devant moi, j'ai commandé une soupe et une assiette de choses grillées. Quelle sauce ? elle insiste avec un sourire et cette voix chaude. J'hésite, je ne sais plus, je ne vois qu'elle, sa beauté, sa vérité.




Durant les jours suivants, je ne suis pas venu la draguer, juste l'admirer et quand un soir, après une réunion tardive, je suis passé ici, elle faisait le service, dans une demie pénombre. Ais-je rêver ? mais elle chantait entre les tables, les clients hypnotisés mangeaient. 






Mots & Emotions
Nylonement


vendredi 12 juin 2015

Soleil au coin de la rue



Étonnante créature, là, juste au coin de la rue, une impasse anodine, comme on en trouve ici et là, avec un nom que l'on ne retient, tout en passant chaque jour devant. Un rayon de soleil tracé en direct des nuages de plus en plus présents, un trou de lumière parmi un printemps parlant de pluie, et là sur le sol, un bouquet de violet et de bleus.

J'ai marqué une pause sur ce chemin familier, laissant les énervés, les pressés, les routiniers continuer vers leurs bureaux, leurs objectifs du jour, du mois ou de l'année.

Une présence.







Devant moi, une chrysalide, une robe légère, immobile, des talons fins pour rester perchée sur le sol, elle absorbait la lumière. Seule, oubliée ou invisible aux yeux des autres, dans sa poésie et son processus, un coup de vent et les voiles se sont soulevées. Légers, aériens et surtout féminins, les souffles discrets, des petites touches d'air, sur le côté, derrière, autour d'elle.

Une femme, une fée, j'ai regardé le miracle s'accomplir, cette magie unique d'une naissance, d'un acte de mode sous la force infinie de la lumière. Libre, les bras évoluant autour d'elle, un regard, un départ, un point pour s'envoler, une direction peut-être, sortir de ce bout de rue, pétiller sur les pavés, sur les trottoirs. La fée faisait sécher ses ailes, se gorgeant d'énergie pour étinceler encore plus. 

Moments glamours, souvenirs, rêves, je ne sais plus.



Mots & Emotions



mercredi 10 juin 2015

Mode de presque printemps !

J'aurai voulu trouver le thermostat, ce truc, ce machin, ce bidule pour avoir une certaine régularité dans le climat. Dehors le vent, un froid soudain après une semaine de chaleur aussi soudaine, le printemps avec des coups d'automne et d'été, les deux derniers se mélangeant aussi avec l'hiver, avec des avancées, des reculs, des cocktails de saisons sur une seule semaine.




Marre, réellement marre de suivre ce temps maussade, de retrouver même un parapluie de secours dans un fond de tiroir en voyant s'abattre des trombes d'eau sur le trottoir, face à mon bureau, quelques minutes avant la fin de journée, marre. Et ma mode ?

Aujourd'hui dans le paradoxe, d'une cape douce sur une robe d'été, sans collants, juste des ballerines, et un réel froid sur les jambes en sortant, et pourtant la semaine dernière j'ai pris un coup de soleil, là sur mes mollets trop blancs, pas prêts à autant de rayons chauds. Déboussolée, énervée même, car quand un amoureux vous invite le soir, que mettre pour être la plus belle, mais la plus gelée, ni la plus en sueur. Je ne sais plus. Marre de cette météo, il serait si facile d'avoir des vraies montées en température, des périodes de pluie, des saisons marquées, des transitions réelles, de la chaleur  et du froid, et la mode en conséquence. Mes bottines vont ressortir de la boîte d'automne, demain, je viens avec, peut-être même des collants en bonus. Noir opaque, non, un joli collant chair brillant, j'aime quand mes gambettes brillent, les regards tournent, les jalouses maudissant ce détail sur moi, et aussi mon goût pour une tendance passée. Mais j'aime pas le chair mat, mes jambes sont lisses, parfaitement épilées et brillent de la crème onctueuse qui nourrit ma peau. Alors oit je brille naturellement mais avec la chair de poule, soit je brille en plus avec le voile fin couleur d'été... pluvieux.






Bon demain, on verra ;-)



Nylonement
Mots et Emotions

samedi 6 juin 2015

Glamour toujours plus

Bien plus qu'une simple définition, le Glamour, est un art de vivre, une attitude et un bonheur quotidien. D'ailleurs le travail, tous les jours, ne permet parfois pas d'exprimer par la mode, la partie la plus visible, cet éclat brillant de la féminité soyeuse. Même si dans un hypermarché proche de ma maison, le nombre de caissières étant conséquent pour parfois remplir plus de quarante caisses en même temps, avec un échantillon de personnes venant de toutes les origines, de tous les âges et plutôt (probablement) avec un faible pouvoir d'achat, il existe là aussi des étincelles d'élégance.





Parler de beauté serait restrictif, je tomberai dans les schémas habituels, avec le premier carcan de la jeunesse... éternelle, mais aussi des morphologies stéréotypées souvent blonde à forte poitrine et cheveux dans le vent, enfin surtout coiffés avec tous les cosmétiques habituels de nos publicités, et plus encore dans le carcan des formes.

Parler d'élégance permet alors de voyager sur les chemins croisés de l'art, de la séduction, du bien-être personnel de chaque femme, sur son image réelle et son image ressentie, sur sa volonté de briller ou simplement d'être elle-même, mais totalement femme. Avec une référence souvent rattachée aux années 50-60, ivresse d'une époque de forte évolution économique, de révolutions plus ou moins marquées dans la liberté des femmes, dans la créativité d'un nouveau monde, dans le changement intellectuel et physique lié à une société de consommation nouvelle, la femme exprimait alors la pratique pour la vie courante, la mode pour les belles occasions en plus. Les années ont passé, les modes aussi, les détails parfois ont traversé le temps, les étincelles de cette allure si personnelle ont trouvé leurs codes. Et vous avez aujourd'hui le choix de picorer, d'en jouer au ré de vos envies, de vos moyens, de vos facettes de féminité.








Maquillage, eye-liner, rouge à lèvres, bijoux, foulards, sacs à main, escarpins ou ballerines, bottes ou bottines, bas nylon ou collants graphiques, mode longue ou courte, robe ou jupe, lingerie pour vous ou lingerie pour vous et lui, pour vous et elle, La mode et ses accessoires sont infinis, vous pouvez choisir de les assembler à votre aise, selon vos désirs, pour jouer de sobriété avec quelques détails, pour abuser de folies qui brillent tout autant. La petite robe noire n'est qu'une base, déjà multiples dans ses coupes proposées. A vous de la compléter de votre présence, de vos formes, de votre démarche, de votre journée, entre travail et sortie, vous serez toujours femme, parfois une femme glamour.

Alors pour apprécier simplement, pour comprendre les codes, pour rêver, pour succomber dans une pulsion intense d'un désir non contenu, je vous propose aujourd'hui l'accessoire glamour, même glamourissime : les gants. Mais dans une version définitivement glamour, dépassant la main, s'allongeant sans fin sur le poignet, l'avant-bras et même parfois le coude. Une paire que l'on porte pour être vu, pour le confort d'un cuir fin ou d'une dentelle, un accessoire sublime pour être femme.











Bon samedi


Et pour ce modèle, n'opposez aucune résistance, ce serait un effort vain ;-)




Nylonement

mardi 2 juin 2015

Eté ou presque

         

Un coup de chaleur, le mois qui change sur le calendrier, les vacances qui se discutent encore entre la machine à café, les projets à rendre et les clients, mais est-ce vraiment l'été ?


Car en prenant le métro, j'ai eu un doute, pas sur le lieu, mais sur la destination. J'ai pris le temps de regarder les nouvelles lignes desservies, les changements possibles et surtout les lieux. Cherchant la plage, le sable chaud, les galets ou les rochers, les coins de calanques, les piscines et autres océans non indiqués auparavant.

Pourquoi ce doute ?

A la vue des tenues parfois très légères (je garde certaines anecdotes pour moi, souvenirs passés revenus à la vue d'un détail bien réel), des dentelles, des guipures, des transparences, des jupes courtes, des shorts trop mini, des tenues de plages, il ne manquait que la paréo. Rien de plus, rien de moins. Certes il y a eu deux jours de soleil, des week-ends prolongés mais finis, des mois d'été à venir, en ajoutant des climatisations torrides voire tropicales dans certains immeubles, mais quand même. Réfléchissons, à moins que ce ne soit un défilé de mode balnéaire, et que le wagon suivant contient juste les créatures en maillots de bain. J'avais froid pour la demoiselle dont je devinais, du moins lisais les tatouages, ici et là, mais vraiment là juste au-dessus des fesses. Poésie ou voyeurisme aigu, je n'ai fait que regarder, ce qui était plus que déballé. Choqué, par vraiment, à mon âge et avec ma sagesse très personnelle, j'aime l'esthétisme, mais je l'apprécie à certains moments, certains endroits, certaines saisons.




Les tenues peuvent être plus légères, certes, jouant de matières plus souples, plus fluides, plus aériennes, mais masquant le minimum, car comment travailler ainsi dans un bureau, les fameux open-spaces si froids, si tristes. Ah voilà, c'est un moyen de réveiller l'esprit d'équipe, de fédérer les regards, les initiatives, les comportements "corporate". Je préfère le voile léger, celui d'une paire de bas, mais masqué de tous, inconnu, non divulgué. Parfait pour cette mi-saison !


Bientôt l'été viendra.


Mots et Emotions
Nylonement



lundi 1 juin 2015

Une nouvelle vie

Indépendante, avec une belle réussite professionnelle, je donnais l'image de la jeune trentenaire radieuse, belle et toujours souriante, une executive woman flamboyante. Parfois malgré tout, entre deux tranches de rôti de boeuf du dimanche, dans une discussion entre amis, dans des soirées où les mariages s'annonçaient, les premiers enfants naissaient, j'entendais la petite phrase "alors cet amoureux, tu lui laisses un peu de temps pour te rattraper ? tu nous le présente quand ? ..." d'autres versions qui amenaient parfois d'autres interrogations plus fortes "tu n'es quand même pas seule, toi c'est impossible!".





Indépendante, cadre impliquée et souvent en déplacement mais aussi, femme féminine, voire sexy quand il le fallait, quand il était là justement. Oui il y a avait bien un homme dans ma vie, discret, car je n'avais pas trop de temps, pas vraiment de sentiments pour lui, mais une réelle complicité qui se prolongeait au lit, souvent. Un sex friend pour les raccourcis, un bon ami, un  bonheur à deux dans nos agendas occupés, des plaisirs partiels pour les autres, du bonheur plein pour nous deux. Certes les sentiments avaient fait au bout de deux ans  un peu pression, mais il était marié, heureux, papa, serein dans son boulot et avec moi. Rien n'avait été caché, rien n'avait été promis. Et de mon côté, rien n'avait été demandé ou exigé, mais plus encore j'aimais mon célibat pour ces instants calmes, sans personne, juste pour moi. Egoistement peut-être, mais j'aimais ma solitude.


Indépendante, plus vraiment depuis que ce retard de règles, ce test acheté et posé sur le bord de la baignoire, une barre, de l'attente, deux barres bleues, positif, un test positif, je suis enceinte. J'aurai pu pleurer, de joie, de rage, de peur mais je suis allée sagement prendre un thé. Je devenais maman, de façon un peu impromptue certes. J'avais pas de contraception, nous utilisions des préservatifs pour garder notre liberté, nos corps sains. Mais récemment, après deux semaines sans se voir, nous avions très envie, très très envie. Bref, nous avons fait l'amour, dès la porte refermée, là, le string au milieu des genoux, la jupe relevée, collés au mur, comme des amoureux fous, sans rien. Mon cycle, le nombre de jours, enfin bref, nous avons rien calculé, juste cédé à nos envies, nos pulsions. Mère, un nouveau statut. Envisageable, peut-être. Pourquoi pas après tout.








Seule ou avec lui, la question serait plus tendue probablement, même si nous en avions ri un jour, sans l'envisager, juste pour se dire "et si on faisait un enfant ensemble". Ce n'est pas un lâche, juste mon ami, mon amoureux de lit, mon pote, mon duo pour m'évader, mais aucunement mon compagnon, encore moins mon mari. Et puis pas envie de casser son couple, sa famille avec un enfant, un bébé à venir, pas celui-là, mais celui dans le ventre de sa femme. J'ai passé deux semaines à continuer à vivre normalement, sauf avec quelques nausées, à penser à ce bébé en préparation. Jamais je n'ai hésité à savoir si je le gardais ou pas. J'étais maintenant maman, sans père officiel. Avec un sourire, j'anticipais ma modernité, mon indépendance financière, ma vie de femme et de mère. Les mots des autres, les jugements et les préjugés, je m'en tape. Lui, je vais lui annoncer. Mais toujours ne rien exiger.

Je fais un bébé toute seule, je suis heureuse.



Mots & Emotions


vendredi 29 mai 2015

Douceur & Brillance



"Chéri, ce soir, c'est latex !" c'est avec un simple sms que je lui ai tout annoncé.

Dubitatif, il a dû rester devant ces mots, captés entre deux phrases d'une réunion, ou en tapant un rapport sur la croissance économique, bref en plein boulot. Une subite envie de préservatifs, des champignons suspects ou une quelconque démangeaison gracieuse qui fait que l'on porte sa main sans pouvoir se retenir entre ses jambes, non rien de tout cela.

Mais ce soir, j'ai envie de latex, cette matière si tendance que les podiums exhibent sous toutes les formes, en robe, en jupe, en body, en trench déstructuré, en lingerie même. Une curiosité dans un monde où tout évolue si vite, où l'on peut avoir peur de rater la dernière variante, la dernière innovation, le bonheur absolu mais très bref qui nous fera briller dans des discussions elles aussi très brèves. Je veux être in, devancer même la tendance car si les sites classiques de vêtements ou de lingerie, ne proposent pas de réelles déclinaison, j'ai trouvé en quelques clics mon bonheur.

Une version moderne des dessous chics !









Folie me direz-vous au-delà de la curiosité ? Peut-être mais est-il raisonnable de porter des chaussettes dans des escarpins ? d'oser des mi-bas pour valider la couleur trendy d'une jupe coupée de travers ? d'avoir porter des uggs moutonnés et chaudes , et surtout moches ? d'oser les spartiates alors qu'aucun mannequin de magazines n'a encore réussi à les chausser avec élégance et splendeur ?

J'ai envie.

D'ailleurs si l'aspect sulfureux de la matière souvent inconnue de beaucoup de gens, il est souvent lié à des préjugés sans aucun avis réel et direct, des rumeurs ou des lectures avec des stéréotypes tout faits. Certes auriez-vous été tendance en lisant les romans mum-porns, ou totalement perverse si vous l'aviez fait avant le grand coup marketing en trois tomes ? Comment juger sans savoir !

Alors j'hésite, j'essaye, j'écoute les conseils de la vendeuse, certes habillée en robe latex, tatouée, piercée, maquillée un brin gothique, mais avec une voix sublime et des propos justes en réponse à mes interrogations. La matière ? les tailles ? quel modèle pour débuter ? soutien-gorge et culotte ? string ? bas ? comment les enfiler ? les entretenir ? les stocker ?

Je suis étonnée de la variété des collections, encore plus par la douceur extrême de cette matière sous les doigts. Plus encore sur ma peau, c'est enveloppant, autant seconde peau d'une paire de bas nylon, soyeux, gommant les rondeurs, affirmant mes formes, marquant mes atouts voluptueux. Je suis conquise, sauf par le prix, mais une folie moderne n'a pas de prix, et puis c'est quand même plus sensuel qu'un i-machin, même avec un million d'applications inutiles. Je me sens bien dedans, et j'anticipe que mon homme va avoir les yeux dans une autre dimension.

Sourire, achats, sms. 

Vivement ce soir !


Mots & Emotions





jeudi 28 mai 2015

Changement d'air


Changer, fermer les yeux et voir le monde autour de moi autrement.
Oublier.





Une journée.
Rouvrir les yeux, passer devant cette vitrine, voir un reflet, une blonde, une personne qui se penche vers la vitre, inspecte, découvre son visage, sa nouvelle coiffure. Finie les cheveux tirés, stricts, auburns, je les voulais libres, comme moi.

Une semaine.
Assez pour comprendre que la tête dans le miroir, c'est moi, ma nouvelle définition, un peu de moi en version plus actuelle. Je suis blonde, je me vois différemment mais les autres aussi. Mes collègues, celles qui ne tarissent pas d'éloges envers cette nouveauté, ce saut dans le vide, cette nouvelle personnalité, même une nouvelle personne. Oui c'est ainsi que le responsable régional, habitué aux allers et venues des commerciaux, a cru que j'étais nouvelle. Trois ans ici, et enfin une existence. D'ailleurs certains regards changent, semblent plus présents, plus insistants et pourtant mes jupes sont toujours aussi longues.

Un mois.
Première visite chez mes parents, les yeux de ma mère, fausse blonde depuis vingt, voire trente ans, interloquée en me voyant. Heureuse, émue même, et mon père avec un simple compliment, des bises comme à chacun de mes retours, rien de plus. Il semble habitué, certes avec quatre filles et deux belles-filles, il en voit de toutes les couleurs, de toutes les longueurs. Blasé, non, discret mais avec un avis, qu'il faudra lui extirper après le dessert, quand l'estomac endort sa protection de père, de mâle, sa vigilance silencieuse. Mes soeurs ont adoré, en même temps, je dois être la dernière a avoir changé en blonde. Celle qui est restée trop longtemps avec les mêmes habitudes et le même copain. Mais je viens de le mettre dehors, de rayer son nom et prénom de ma liste de souvenirs. 









Un trimestre.
Un semestre.
Un an déjà. Je ne me vois plus qu'en blonde, assez pour avoir changer aussi un peu de garde-robe, plus détendue, plus glamour aussi pour certaines sorties. Sérénité retrouvée, loin de la routine avec le même copain, des aventures depuis, sans suite, mais un nouvel univers. Des nouvelles photos de moi dans les soirées, une promotion car plus investie, plus disponible, une nouvelle vie s'offre à moi, simplement. Mes cheveux sont comme moi, libres, je vais les couper plus courts, en éliminer dix bons centimètres pour rajeunir le tout. J'essayerai peut-être un blond plus sobre, avant l'été où ils risquent de virer au blond platine. Je me vois, je m'aime ainsi. J'ai toujours été cette jeune femme, et je souris en retrouvant des photos, de moi, de lui, de nous, de moi surtout, différente. Juste la coiffure, non, une grisaille, une ritournelle pesante, maintenant disparue. 







Mots & Emotions